Nouveau rebondissement dans l'affaire Vincent Lambert

Evrard Martin
Mai 21, 2019

Coup de théâtre dans l'affaire Vincent Lambert: la cour d'appel de Paris, saisie par les parents du malade, a ordonné ce lundi soir le rétablissement des traitements visant à le maintenir en vie, traitements qui avaient été interrompus lundi matin.

Me Jérôme Triomphe, un des deux avocats des parents de Vincent Lambert, au cours d'un rassemblement à Paris ce lundi soir. Pour combien de temps?

Dans la manifestation parisienne qui a réuni plusieurs centaines de personnes réclamant "la vie pour Vincent", une énorme clameur a retenti lorsque l'un des avocats de ses parents, Jérôme Triomphe, a annoncé leur victoire à la foule, a constaté un journaliste de l'AFP. "On a gagné!" C'est une grande victoire!

Le sort cet homme de 42 ans, victime en 2008 d'un accident de la route, déchire la famille entre ses parents notamment, proches des milieux catholiques traditionalistes, qui refusent l'arrêt des soins, et, de l'autre côté, son épouse, cinq de ses frères et sœurs et un neveu qui veulent qu'on le laisse mourir, conformément à ce qu'étaient, selon eux, ses valeurs. Mais le président Emmanuel Macron, pressé depuis deux jours par les opposants à l'interruption des soins, a refusé sur Facebook de "s'immiscer" dans une "décision qui relève de l'appréciation des médecins et qui est en conformité avec nos lois". "Pour une fois, je suis fière de la justice", a aussitôt déclaré sa mère, Viviane Lambert. "Vincent doit vivre, Vincent vivra!"

Ce processus, qui intervient après des années de bataille judiciaire, pourrait conduire à la mort de Vincent Lambert d'ici quelques jours. "C'est vraiment du sadisme pur de la part du système médico-judiciaire", a réagi à l'inverse François Lambert, le neveu du patient. Face à cette décision "incroyable" de la cour d'appel, François Lambert a évoqué auprès de l'AFP un possible pourvoi en cassation du CHRU de Reims. La procédure d'arrêt des soins est permise par la loi Claeys-Leonetti de 2016 qui, tout en interdisant l'euthanasie et le suicide assisté, permet la suspension des traitements lorsqu'ils "apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie".

"J'espère qu'à la suite de ce jugement (.) on transférera enfin et rapidement Vincent Lambert dans un service adapté aux personnes en état paucirelationnel (état de conscience minimal ndlr)".

A gauche, la tête de liste de La France insoumise, Manon Aubry, a défendu l'arrêt des soins: "D'un point de vue juridique, il y a eu différentes décisions, de la part du Conseil d'Etat, de la Cour européenne des droits de l'homme, qui disent la même chose: il ne faut pas d'acharnement thérapeutique", a-t-elle déclaré dimanche sur RTL.

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