Silice cristalline : l'Anses recommande de durcir la réglementation au travail

Evrard Martin
Mai 24, 2019

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), estime dans son étude qu'"entre 23.000 et 30.000 travailleurs sont exposés à la silice cristalline, en particulier au quartz, à des niveaux excédant la valeur limite d'exposition professionnelle de 0,1 mg/m3 actuellement en vigueur".

La silice cristalline, c'est un minéral présent dans la croûte terrestre.

On utilise la silice industrielle ainsi que les matières minérales et matériaux contenant de la silice sont utilisés en tant que matière première, additif, ou auxiliaire technologique dans la verrerie, la chimie, la fonderie, les caoutchoucs, les peintures, ou encore les parements funéraires.

"Le secteur de la construction, puis celui de la fabrication des produits minéraux non métalliques, de la métallurgie, et des industries extractives" sont les secteurs plus touchés selon l'Anses.

Depuis le classement de la silice cristalline comme cancérogène pour l'Homme par le CIRC en 1997, toutes les études publiées depuis ont confirmé le lien avec le développement du cancer broncho-pulmonaire (CBP).

En matière de prise en charge médicale, l'Anses conseille de faire évoluer " le diagnostic et le dépistage de certaines pathologies (silicose, tuberculose, pathologies rénales...) pour des sujets exposés ou ayant été exposés professionnellement à la silice cristalline ". Chez les personnes exposées à la silice, le risque de BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), d'emphysème et de tuberculose est augmenté.

En outre, les experts identifient un lien avec des pathologies auto-immunes, telles que la sclérodermie systémique, le lupus érythémateux systémique et la polyarthrite rhumatoïde.

L'Anses réclame, en parallèle, une révision des tableaux de maladies professionnelles, de façon à inclure le cancer broncho-pulmonaire, indépendamment de la silicose.

Enfin, un impact sur le risque de pathologie rénale ou d'une pneumopathie infiltrante diffuse (PID) de type fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) a été montré, mais "les données actuellement disponibles sont insuffisantes pour expliquer ces relations de manière précise", souligne l'Anses.

Compte tenu de ce " risque sanitaire particulièrement élevé ", l'agence recommande de revoir à la baisse les limites d'exposition, les valeurs actuelles étant " insuffisamment protectrices ".

L'Anses " rappelle en premier lieu la nécessité d'appliquer les mesures de prévention définies par la directive 2004/37/CE concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à l'exposition à des agents cancérogènes ou mutagènes au travail ".

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