Soupes déshydratées, sodas, saucisses... les aliments "ultra-transformés" favoriseraient les maladies cardiovasculaires

Evrard Martin
Mai 30, 2019

Eh bien ces aliments, lorsqu'ils sont consommés en grande quantité, en plus d'accroître les risques d'obésité, de cancer ou d'hypertension artérielle, augmentent aussi le risque cardiovasculaire et de décès, selon deux études européennes menées auprès de 120.000 personnes et publiées ce jeudi. Qui n'a jamais mangé l'un de ces aliments dits "ultra-transformés" (AUT)? Deux nouvelles études publiées jeudi soulignent les risques liés à l'abus de plats industriels "ultra-transformés", c'est-à-dire ayant subi des procédés industriels de transformation et contenant de nombreux ingrédients, notamment des additifs. Si le plat ne contient pas d'additif, qu'il soit congelé ou pas, il ne fait pas partie des aliments ultra-transformés. La plupart des plats prêts à réchauffer, les sodas sucrés, les saucisses, les soupes en poudre ou encore les snacks en général en font partie.

La nouvelle étude française de l'Inserm dirigée par la Dr Mathilde Touvier porte sur plus de 100 000 participants, en majorité des femmes, participant à l'étude NutriNet-Santé (suivis entre 2009 et 2018, sur six ans maximum).

Les produits les plus dangereux sont finalement ceux riches en sel, en graisses saturées, en sucre, et sont parallèlement pauvres en vitamines et en fibres selon les études.

" Par exemple, à statut tabagique, niveau d'activité physique et poids équivalents, les personnes qui avaient une proportion d'aliments ultra-transformés dans leur alimentation plus élevée avaient plus de risques de développer une maladie cardiovasculaire ", ajoute-t-elle.

" L'étude ne permet pas à elle seule de conclure à un lien de cause à effet, mais l'association entre aliments ultra-transformés et risque de maladies cardiovasculaires est statistiquement significative en tenant compte des autres caractéristiques des participants (tabac, alcool, niveau d'activité physique, statut socio-économique, âge, sexe, poids, etc.) ", explique le Dr Mathilde Touvier, en charge de l'étude de l'Inserm.

La consommation très fréquente de plats industriels pourrait augmenter les risques cardiovasculaires.

Les résultats de l'étude menée en Espagne par l'Université de Navarre vont dans le même sens. La seconde, espagnole, porte sur 19.899 diplômés universitaires du pays. D'après celle-ci, une consommation plus élevée d'aliments ultra-transformés (4 portions et plus par jour) est associée à un risque accru de mortalité de 62 %, toutes causes confondues, comparativement à une consommation moindre (2 portions par jour).

"On peut manger beaucoup de choses et il ne faut pas diaboliser tous les produits que l'on trouve dans les commerces et l'industrie parce que beaucoup sont tout à fait sains et pas ultra-transformés", déclare le docteur Touvier. Elle prône la consommation d'aliments bruts comme les légumes, les fruits, les lentilles ou encore le poisson et incite à être vigilant à la liste des ingrédients.

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