Éthique : Vincent Lambert, un symbole par Politis

Evrard Martin
Mai 23, 2019

Vincent Lambert est devenu un symbole.

Paroles des avocats des parents de Vincent Lambert, à l'annonce de la décision de la cour d'appel prescrivant la reprise des traitements, le tout dans une ambiance de fin de match: "On a gagné!", "c'est la remontada!". Dans un rapport sur la bioéthique publié l'an passé, le Conseil d'Etat avançait plusieurs explications à ce faible recours: "La méconnaissance du dispositif, la difficulté de se confronter à la question de la fin de vie ou encore l'absence d'interlocuteurs susceptibles d'aider à l'expression de choix tranchés sur des sujets techniques".

"De son côté, le Vatican a réclamé hier " des solutions efficaces pour protéger la vie " de Vincent Lambert, dans un communiqué signé par le cardinal Kevin Farrell, chef du dicastère (ministère) pour les laïcs, la famille et la vie, et Mgr Vincenzo Paglia, président de l'Académie pontificale pour la vie". "C'est vraiment abject", a réagi François Lambert sur la radio Europe 1, stigmatisant le " militantisme " des parents catholiques " qui a pris le dessus depuis de nombreuses années ". "Aujourd'hui encore plus qu'avant, je pense qu'il faut respecter l'intimité et la douleur de cette famille, des proches de Vincent Lambert", a dit Agnès Buzyn lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.

"On a en France une loi qui est solide, mais qui n'est pas appliquée", a expliqué le médecin, citant le chiffre de "13% de Français" ayant rédigé leurs directives anticipées (en réalité 13% des plus de 50 ans, selon un sondage BVA, NDLR). Ses parents veulent poursuivre les soins qui lui sont administrés, tandis que son épouse, cinq de ses frères et sœurs et un neveu veulent mettre fin à l'"acharnement thérapeutique", conformément à ce qu'étaient, selon eux, ses valeurs. Vincent n'est pas en fin de vie.

"Le Français est coincé quand il s'agit de mourir dans la dignité".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL