Accord nucléaire: le chef de la diplomatie allemande reçu à Téhéran

Claudine Rigal
Juin 10, 2019

C'est ainsi qu'a réagi Téhéran, vendredi 7 juin, à l'offre française d'ouvrir de nouvelles négociations sur ces sujets.

Le président américain Donald Trump a retiré unilatéralement en mai 2018 son pays de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, ce qui a entraîné le rétablissement de dures sanctions économiques contre l'Iran.

"Le fait de soulever des questions en dehors du JCPOA (accord nucléaire, ndlr) ne contribue pas à la sauvegarde du JCPOA mais augmentera au contraire la méfiance des États toujours parties à l'accord", a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Abbas Moussavi, dans un communiqué publié sur le site de son ministère. Celle-ci avait été évoquée par Emmanuel Macron, mais l'Iran estime qu'un élargissement de l'accord existant, signé en 2015, signerait son échec.

L'accord de Vienne est censé empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique, mais Donald Trump estime qu'il ne fournit pas de garanties suffisantes et veut contraindre Téhéran, via sa politique de "pression maximale", à renégocier un accord plus contraignant. Les États-Unis se sont unilatéralement retirés de cet accord en mai 2018.

Les Iraniens se sont directement tournés vers les trois signataires européens de l'accord (France, Allemagne et Grande-Bretagne) en leur posant un ultimatum: 60 jours pour "respecter leurs engagements" sur le plan des sanctions et trouver une solution qui protégerait le pays des sanctions américaines. Ces trois pays appellent à sauver l'accord nucléaire malgré le retrait de Washington.

L'Iran leur a lancé le 8 mai un ultimatum pour sortir de leur isolement les secteurs pétrolier et financier iraniens, visés par les sanctions américaines. Washington aussi souhaite que cette activité soit davantage contrôlée.

TÉHÉRAN | L'Iran a mis en garde lundi contre les possibles conséquences de la "guerre économique" des États-Unis à son encontre, en recevant le ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Maas à Téhéran. Téhéran a opposé vendredi une nouvelle fin de non-recevoir à l'idée défendue par le président français Emmanuel Macron d'un nouvel accord avec l'Iran qui viendrait élargir l'accord de Vienne en intégrant notamment des éléments qui limiteraient l'activité balistique de Téhéran ou sa politique de voisinage, que les Occidentaux jugent " déstabilisatrice ".

La résolution 2231 appelle l'Iran "à n'entreprendre aucune activité liée à des missiles balistiques CONÇUS pour pouvoir lancer des armes NUCLÉAIRES", a-t-il écrit sur Twitter, ajoutant que "nos missiles ne sont pas "conçus" pour la bombe nucléaire, que nous ne développons pas".

"Les Européens n'ont jusqu'à présent pas respecté leurs engagements et n'ont pas protégé les intérêts de l'Iran après le retrait des Américains", a ajouté Moussavi.

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