Affaire Ghosn. 11 millions d’euros de dépenses suspectes identifiées par Renault

Xavier Trudeau
Juin 5, 2019

L'audit interne mené conjointement par Renault et Nissan au sein de leur filiale commune RNBV basée aux Pays-Bas a identifié 11 millions d'euros de dépenses suspectes engagées par l'ancien patron de l'alliance automobile franco-japonaise Carlos Ghosn, a annoncé mardi soir le conseil d'administration du constructeur français. Telles sont les conclusions définitives du rapport rendu par la mission d'audit menée par le cabinet Mazars, à la demande des deux directions.Les conclusions de cet audit, présidé par Philippe Lagayette, en charge de "l'Éthique et de la Déontologie " au sein du groupe, ainsi que de "l'Efficacité des dispositifs de maîtrise des risques", ont été présentées ce mardi au président de Renault Jean-Dominique Senard, ainsi qu'à l'ensemble des administrateurs, lors d'un conseil d'administration qui se tenait dans l'après-midi au siège du groupe, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Ce conseil devait examiner l'offre de fusion de Fiat-Chrysler."Ces conclusions ont confirmé des déficiences au sein de RNBV au plan de la transparence financière et des procédures de contrôle des dépenses, a expliqué la direction de Renault dans un communiqué publié juste après la fin du conseil d'administration, peu après 19 heures".

"Cette somme recouvre des " surcoûts de déplacement de M. Ghosn par avion ", " certaines dépenses engagées par M. Ghosn " et " des dons ayant bénéficié à des organismes à but non lucratif ", est-il précisé". L'ancien capitaine d'industrie, qui clame son innocence, a dénoncé à plusieurs reprises un complot ourdi par Nissan.

Il s'agissait pour une part de dépenses de marketing à Oman soupçonnées d'avoir été utilisées pour des dépenses personnelles sans aucun lien avec l'activité de l'entreprise.

Onze millions d'euros dans le viseur de Renault.

Carlos Ghosn fait déjà l'objet de quatre inculpations par la justice japonaise: deux pour des dissimulations de revenus dans des documents boursiers et deux pour des cas différents d'abus de confiance aggravé, dont des détournements de fonds de Nissan.

Carlos Ghosn a été libéré sous caution le 25 avril, mais a interdiction de rencontrer son épouse ou de quitter le territoire japonais, son accès à internet est fortement restreint et sa résidence est placée sous la surveillance de caméras.

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