Affaire Huawei. La Chine suspend toute importation de viande canadienne Courrier international

Xavier Trudeau
Juin 27, 2019

Jusqu'ici, il n'y aurait qu'un seul cas de contrefaçon et il est peu probable que les produits concernés proviennent du Canada, a indiqué le bureau de la ministre.

"Il faut trouver d'où provient cette viande et qui est l'auteur de ce crime", a abondé la ministre de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau, dans une interview à Radio-Canada. "Pour assurer la sécurité des consommateurs chinois, la Chine a pris des mesures préventives urgentes et demandé au gouvernement canadien de suspendre la délivrance des certificats pour la viande exportée vers la Chine à compter du 25 juin", explique ainsi l'ambassade sur son site internet.

Motif invoqué: la découverte de près de 190 faux certificats d'exportation accompagnant une cargaison de viande de porc d'une société canadienne.

La GRC a reçu une demande de l'Agence canadienne d'inspection des aliments et enquête sur l'incident, a confirmé jeudi par courriel une porte-parole de la GRC, Stéphanie Dumoulin.

Pékin a annoncé mardi la suspension des importations de produits de bœuf et de porc du Canada, après que des inspecteurs douaniers chinois eurent trouvé des traces de ractopamine - un additif alimentaire interdit en Chine - dans une cargaison de langues de porc surgelées. La justice américaine veut la juger pour avoir contourné les sanctions américaines visant l'Iran.

Depuis cette arrestation, les autorités chinoises ont arrêté deux Canadiens qu'elles soupçonnent d'espionnage, et en ont condamné à mort deux autres pour trafic de drogue. Pékin assure que ces mesures sont sans lien avec l'affaire Huawei.

La Chine a également bloqué les importations des deux principaux producteurs canadiens de colza, arguant y avoir trouvé des "nuisibles".

Pour Sylvain Charlebois, professeur à l'université Dalhousie à Halifax (est), le lien avec l'arrestation de Meng Wanzhou ne fait pas de doute. "Mais je peux vous dire que c'est ce qu'affirment plusieurs analystes". A défaut de pouvoir rencontrer lui-même le président chinois Xi Jinping - qui a décliné toutes les offres d'entrevue selon Ottawa - le Premier ministre canadien compte sur Donald Trump pour intercéder en sa faveur lors du G20, et demander la libération des deux Canadiens détenus "arbitrairement" par la Chine selon lui.

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