Après l'accord, l'inquiétude des migrants — Mexique

Claudine Rigal
Juin 10, 2019

Mais selon le New York Times, la plupart des mesures annoncées par le Mexique dans l'accord avaient déjà été convenues lors de négociations antérieures. "Cette mesure vise à réduire considérablement, voire à éliminer, l'immigration illégale en provenance du Mexique et à destination des États-Unis", a dit M. Trump.

"Le Mexique va faire beaucoup d'efforts, et s'ils le font, cet accord sera un grand succès pour les États-Unis et le Mexique", a tweeté samedi le président républicain, avant de remercier son homologue Andres Manuel Lopez Obrador, qui se rendra samedi à Tijuana, ville mexicaine juste de l'autre côté de la frontière de San Diego, en Californie.

Les Etats-Unis veulent que le Mexique renforce ses contrôles frontaliers et lutte davantage contre la corruption de ses gardes-frontières. Elles ont finalement abouti vendredi soir après plus de douze heures d'échanges entre les murs du département d'Etat américain.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a salué samedi l'accord sur l'immigration conclu par les Etats-Unis et le Mexique, le qualifiant de "très, très important".

"Nous ne pourrions être plus satisfaits de l'accord que nous avons trouvé", a commenté M. Mnuchin en marge du G20 Finances au Japon.

Les deux pays poursuivront leurs discussions sur l'immigration clandestine et si les dispositions prévues par l'accord "n'ont pas les résultats escomptés, ils prendront des mesures supplémentaires et les annonceront d'ici trois mois".

Le chiffre de 6000 hommes annoncé jeudi par Mexico n'y figure pas explicitement. Le ministre a précisé que 6.000 gardes nationaux seraient "déployés" à la frontière sud du Mexique.

Tous les migrants venant faire une demande d'asile aux États-Unis seront renvoyés au Mexique en attendant qu'elle soit traitée par les tribunaux américains.

Trump menaçait d'appliquer dès lundi des droits de douane de 5% sur tous les produits mexicains, qui auraient pu augmenter progressivement jusqu'à 25% le 1er octobre.

Soucieux d'éviter l'exécution de la menace américaine, Mexico avait dépêché dès le début de la semaine une importante délégation à Washington et multiplié les gestes de bonne volonté.

Parmi ceux-ci, les autorités mexicaines ont décrété le gel des comptes bancaires de 26 passeurs présumés de clandestins, le renvoi d'une centaine de Honduriens dans leur pays et l'arrestation de militants des droits des migrants.

En conséquence, les barrages policiers et militaires ont été renforcés dans la région du Chiapas (sud), point d'entrée principal de la migration centraméricaine. Selon le Bureau américain des douanes et de la protection des frontières (CBP), plus de 144 200 migrants ont été arrêtés ou refoulés en mai à la frontière sud des Etats-Unis. Au moment de la prise de fonction de Donald Trump à la Maison Blanche, seuls 20'000 migrants étaient arrêtés chaque mois à la frontière.

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