" "Attention aux " montagnes de promesses " du bio, prévient 60 Millions de consommateurs

Xavier Trudeau
Juin 6, 2019

Après de multiples tests sur 130 produits, le titre évoque un secteur " loin d'être sans failles ". Derrière la progression d'un marché qui promet "une vie plus saine et respectueuse de l'environnement", le magazine 60 millions de consommateurs a passé au crible 130 produits tels que du lait, des céréales, de la pâte à tartiner, du vin, de la viande ou du poisson.

" À l'heure où les scandales alimentaires s'enchaînent, le logo fait figure de Graal. Pourtant il est loin d'être sans failles ", souligne la rédactrice en chef adjointe du magazine, Christelle Pangrazzi, citant plusieurs dérives, comme l'exploitation de travailleurs immigrés dans les champs ou l'utilisation de l'huile de palme, autorisée malgré le fait que sa culture participe à la déforestation. Selon les derniers chiffres dévoilés mardi par l'agence Bio, 5.000 nouvelles exploitations ont effectué leur conversion en 2018 (+12 %), tandis que la surface cultivée sans produits chimiques s'est accrue de 17 %. Or, ajoute-t-elle, " en optant pour le bio, le consommateur devrait avoir la garantie d'acheter responsable d'un point de vue aussi bien nutritionnel qu'écologique ou éthique ". Etant donné le poids du secteur côté consommateur, " l'heure n'est plus aux montagnes de promesses, si bio soient-elles", conclut Christelle Pangrazzi. Enfin, en ce qui concerne les huiles d'olive bio, 60 Millions de consommateurs a constaté que certaines d'entre elles, provenant majoritairement de Tunisie, contenaient davantage de plastifiants toxiques que certains produits standards (dont la concentration en phtalates était très faible voire inexistante).

Ainsi, certains œufs et laits contiennent plus de polluants en bio que leurs homologues conventionnels. " Sans oublier que " gâteaux, pâtes à tartiner ou plats préparés bio renferment tout autant de sucres, de gras et de sel que des produits non-bio ".

" Rien n'interdit à l'agriculteur (bio) de s'installer sur un sol contaminé ou à proximité d'une source de pollution (dioxines, PCB) ", déclare le hors-série. Certains des produits appartenant aux deux premières catégories citées se révélaient en effet plus chargés en dioxines, molécules issues de l'activité industrielle principalement rejetées par les incinérateurs, et PCB, cancérogènes et perturbateurs endocriniens pour l'homme, que ceux qui n'appartenaient pas au label. Il rappelle également que "manger exclusivement bio est une utopie, pour des raisons économiques, mais aussi parce que toutes les denrées ne sont pas disponibles".

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