Boris Johnson convoqué par la justice pour "mensonges" — Brexit

Claudine Rigal
Juin 3, 2019

La prétendue facture hebdomadaire de 350 millions de livres figurait notamment sur le bus de campagne du camp du "Leave". Il travaille à plein temps sur cette affaire depuis juin 2016 et a recueilli plus de 200 000 livres dans le cadre d'une campagne de financement participatif pour payer les poursuites pénales engagées contre Boris Johnson. Ils veulent le poursuivre pour faute grave dans l'exercice de ses fonctions.

Accusé de "mensonges " par les avocats de l'homme d'affaires Marcus Ball, Boris Johnson devra se présenter devant le tribunal pour une audience préliminaire qui déterminera si l'affaire doit être ensuite renvoyée devant une cour, a décidé le tribunal. "Le Royaume-Uni n'a jamais envoyé ou donné 350 millions de livres par semaine", a assuré l'avocat Lewis Power. "Néanmoins, il a choisi de le répéter, encore et encore", a-t-il pointé.

Toutefois, l'avocat a tenu à relever que la procédure lancée n'avait pas pour vocation de ralentir la rupture entre le pays et l'Union européenne. "L'accusation ne porte pas sur le Brexit (...) mais c'est lors du référendum sur le Brexit que M. Johnson a choisi d'induire le public en erreur". "C'est aux électeurs ou aux autres partis politiques de dire s'ils préfèrent les chiffres nets ou bruts", a-t-il affirmé, ajoutant que "politiser la justice est une très mauvaise idée".

Suite à l'annonce de Mme May de sa démission, Johnson n'a pas manqué d'afficher son ambition de la remplacer, insistant sur sa volonté de faire sortir le Royaume-Uni de l'UE en octobre prochain, avec ou sans accord, provoquant le mécontentement de nombre de ses détracteurs.

Dans un arrêt rendu mercredi, la juge Margot Coleman, de la Westminster Magistrates' Court de Londres, a estimé que les plaintes déposées contre l'ancien ministre des Affaires étrangères et ex-maire de la capitale étaient recevables.

Face à l'écrasante victoire du Parti du Brexit aux élections européennes, qui a raflé 31,6% des voix en reléguant à la 5e place les Conservateurs avec 9% des suffrages, Boris Johnson apparaît comme l'une des personnalités capables de concurrencer le populiste europhobe Nigel Farage. Le candidat au poste de Premier ministre est accusé d'avoir menti sur le coût de l'appartenance de son pays à l'UE.

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