Bruxelles projette de sanctionner l'Italie pour son déficit excessif — Dette

Claudine Rigal
Juin 9, 2019

Dans un rapport sur le respect par les États de l'Union européenne des critères du déficit et de la dette prévus par le traité du fonctionnement de l'UE, la Commission conclut qu' "à l'issue d'une évaluation de tous les facteurs pertinents, le critère relatif à la dette, tel que défini dans le traité et dans le règlement de l'UE, devait être considéré comme n'étant pas respecté et, partant, qu'une procédure pour déficit excessif fondée sur la dette était justifiée ".

La Commission européenne a souligné mercredi qu'une procédure de déficit excessif contre l'Italie à cause de sa dette est " justifiée ".

Dans le cas où ils approuvent les sanctions financière contre l'Italie, elles pourront se plafonner jusqu'à 0,2% du PIB italien, soit environ 3,5 milliards d'euros. "Ma porte reste ouverte", a twitté en italien Pierre Moscovici, invitant au dialogue la coalition populiste au pouvoir en Italie, qui réunit la Ligue (extrême droite) et le Mouvement Cinq Étoiles (M5S), en désaccord sur l'attitude à adopter.

"Chef d'oeuvre" La Commission s'inquiète de voir la dette italienne atteindre de nouveaux records: 132,2% du PIB en 2018, puis 133,7% en 2019 et 135,7% en 2020, soit largement au-delà des 60% du PIB fixés par les règles européennes. Le tout avec une croissance de 0,1% en 2019, selon ses prévisions, soit la plus faible de toute la zone euro. Le M5S, qui avait obtenu 32,5% des voix aux législatives de mars 2018, a sombré à 17%, tandis que la Ligue Matteo Salvini, l'homme fort du gouvernement, est passée de 17 à 34% et entend désormais dicter l'agenda politique, en particulier sur les réponses face aux menaces européennes. "En douze mois, la dette a augmenté, la croissance a baissé et les Italiens sont en danger". Dans ce contexte, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a menacé lundi de démissionner si les incessantes polémiques entre les deux partenaires gouvernementaux ne prenaient pas fin, et a rappelé son pays à ses obligations financières.

Pour Luigi Di Maio, toute la faute pour cette éventuelle procédure est à imputer au précédent gouvernement dirigé par le Parti démocrate (PD, centre-gauche). Après les élections européennes, Bruxelles et le gouvernement souverainiste italien reprennent leur bras de fer.

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