Buzyn bat le rappel au ministère pour lancer sa "mission nationale" — Urgences

Evrard Martin
Juin 14, 2019

Les syndicats avaient appelé à cette journée de mobilisation pour "élever le rapport de force" face à la ministre de la Santé. Le collectif Inter-Urgences comptabilise 95 services d'urgences en grève.

Une manifestation, un mouvement de grève qui intervient au moment même où le projet de loi santé est voté au Sénat ce mardi. "Ils n'ont pas travaillé au ministère (...) Ils ne nous ont rien proposé, le combat continue", soufflaient les membres du comité après leur réunion avec Yann Bubien, directeur de cabinet adjoint d'Agnès Buzyn.

Des mesures aussitôt jugées "insuffisantes" par les professionnels concernés, qui réclament davantage d'effectifs et de lits d'hospitalisation pour désengorger les urgences.

Les urgentistes du centre hospitalier de Valence (Drôme) ont débrayé pendant cinq minutes.

D'identifier les travaux complémentaires à mener, notamment en termes d'information et de responsabilisation de la population sur ses demandes de soins, d'articulation des services d'urgences avec l'offre de ville, ou encore de prise en compte à l'échelle de l'établissement ou du territoire des solutions d'aval nécessaires aux patients passant par les structures des urgences, en particulier pour les parcours les plus courants.

"Il n'y a pas d'écoute, pas de dialogue", a-t-il affirmé, déplorant "une gestion autoritaire voire autoritariste de l'hôpital qui aboutit à un sentiment d'abandon et d'humiliation de plusieurs catégories de personnel". "La ministre de la Santé a de son côté défendu son action, qui " ne peu (t) pas se réduire à ce (qu'elle a) annoncé la semaine dernière", explique-t-elle dans un entretien au quotidien Libération paru mardi". "Il faut monter en puissance et on le fera", a déclaré à l'AFP Jean-Emmanuel Cabo, le secrétaire général FO aux Hôpitaux de Paris (AP-HP)".

"Les urgences payent lourdement tous les problèmes d'organisation" et "il n'y a pas de mesures miracles qui permettraient d'éteindre le feu rapidement", a-t-elle ajouté.

Notez également qu'Agnès Buzyn, ministre de la santé et Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, ont prévu de se rendre dans la cité thermale vendredi prochain pour inaugurer le nouveau service des urgences de l'hôpital.

Le texte, adopté fin mars par les députés, a été adopté en première lecture mardi par le Sénat.

"Mais sur le terrain, cette réforme semble bien éloignée des préoccupations immédiates".

Ces deux dernières semaines, le mouvement de grève a franchi un palier avec la recrudescence d'arrêt de travail pour échapper aux assignations: à Lons-le-Saunier, puis à Paris (Saint-Antoine, Lariboisière), des médecins et des infirmiers se sont faits porter pâles, poussant les autorités sanitaires à recourir aux réquisitions ou au volontariat des autres soignants.

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