Emmanuel Macron dénonce les "dérives d’un capitalisme devenu fou"

Xavier Trudeau
Juin 11, 2019

Emmanuel Macron a reconnu ce mardi, devant l'Organisation internationale du travail à Genève, que la gestion de la crise des gilets jaunes n'avait pas été forcément adaptée. Le chef de l'Etat français s'est exprimé à Genève (Suisse) devant l'Organisation internationale du travail (OIT).

"Lorsque le peuple français dit avec force ce qu'il a dit, je crois qu'il faut avec beaucoup d'humilité savoir écouter, constater ce qu'on a mal fait, ne pas arrêter de faire ce qu'on doit faire, savoir changer de méthode mais entendre l'intuition, le message profond", a poursuivi le chef de l'Etat français, affirmant que les citoyens appelaient à "plus de sens, plus de proximité et plus d'humanité". "C'était une erreur fondamentale".

Depuis le 17 novembre, des "gilets jaunes" se réunissent un peu partout en France pour protester d'abord contre la baisse de leur pouvoir d'achat, puis plus globalement contre la politique d'Emmanuel Macron. Sinon "on nourrit les extrêmes ", a-t-il expliqué, comme l'an dernier au Forum de Davos.

Emmanuel Macron en a également profité pour dénoncer les dérives d'un "capitalisme devenu fou" au sein d'organisations comme le FMI ou l'OMC, qui privilégient les ajustements économiques aux droits sociaux. "Nous allons faire des murs, des frontières, sortir de ce multilatéralisme, il est mou'".

"On ne peut pas défendre ce que je dis à l'OIT et dire ensuite au FMI ou autour de la table du Conseil européen: +vous allez vous ajuster face à la crise financière et réduire vos droits sociaux+".

"Ou dire à l'OMC: +c'est formidable le commerce, il faut négocier des accords avec tout le monde, quelle que soit leur sensibilité sociale et environnementale. Et vive le dumping, ça ira mieux, ça enrichit tout le monde'".

Dans son allocution, Emmanuel Macron a fait une mise en garde à "tous ceux qui croient, sagement assis, confortablement repus, que ce sont des craintes qu'on agite": "La crise que nous vivons peut conduire à la guerre et à la désagrégation des démocraties". "Ce sont les mêmes qui se sont réveillés avec des gens qui semblaient inéligibles, ou sortis de l'Europe, alors qu'ils pensaient que ça n'adviendrait jamais".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL