Immigration: Trump annonce un accord avec le Mexique, les tarifs douaniers suspendus

Claudine Rigal
Июня 8, 2019

"Si nous n'arrivons pas à un accord, le Mexique va commencer à payer les tarifs de 5% dès lundi", a-t-il toutefois menacé depuis l'avion présidentiel Air Force One qui le ramenait dans l'après-midi à Washington depuis l'Europe, où il a assisté aux commémorations du Débarquement de 1944.

" Les États-Unis sont parvenus à un accord signé avec le Mexique".

Son homologue mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a rapidement salué cet accord, également sur Twitter: "Grâce au soutien de tous les Mexicains, nous avons pu éviter l'imposition de droits de douane sur les produits mexicains exportés aux Etats-Unis".

Le conseiller économique de la Maison-Blanche Peter Navarro a posé trois conditions aux négociateurs mexicains.

Le ministre des Affaires étrangères mexicain Marcelo Ebrard a reconnu de son côté lors d'une conférence de presse à Washington après une réunion entre hauts responsables des deux pays que la situation à la frontière avec les États-Unis ne pouvait pas perdurer.

Donald Trump a affirmé mercredi que les négociations avec le Mexique avançaient de manière très insuffisante, et a de nouveau promis de taxer tous les biens en provenance de son voisin à partir de lundi si Mexico ne l'aidait pas à bloquer les migrants toujours plus nombreux à franchir leur frontière commune. Il avait annoncé jeudi dernier que les Etats-Unis appliqueraient à partir du 10 juin une taxe de 5 % sur tous les biens provenant du Mexique, qui pourrait augmenter progressivement jusqu'à 25 % le 1er octobre.

Marc Short, qui dirige le cabinet du vice-président, Mike Pence, a indiqué qu'une notification légale serait délivrée ce vendredi afin de préparer la mise en œuvre de ces taxes. Marcelo Ebrard avait entamé mercredi à Washington les négociations avec plusieurs représentants de la diplomatie américaine. Les autorités mexicaines s'étaient déjà engagées jeudi à renforcer la surveillance à leur frontière avec le Guatemala, en déployant les gardes nationaux. Elles ont aussi gelé les comptes bancaires de passeurs présumés et renvoyé une centaine de Honduriens dans leur pays.

"Aujourd'hui, nous sommes vendredi et le dialogue se poursuit, et nous pouvons parvenir à un accord. Il est positif que les communications, le dialogue, se poursuivent", a-t-il ajouté, en glissant qu'il comptait bien rester "ami" avec Donald Trump.

Dans l'Etat du Chiapas, dans le sud du pays, des journalistes ont constaté une plus grande présence policière et militaire sur les routes empruntées par les migrants.

Mais le coeur des négociations porte sur une réforme des règles d'asile: Washington souhaite pouvoir renvoyer vers le Mexique les demandeurs d'asile centraméricains pour que leur dossier y soit traité.

Le Mexique "fait son travail" sur l'immigration tout en "prenant soin de respecter les droits humains et de s'attaquer au problème de fond, qui est le manque d'opportunités" en Amérique centrale, a souligné le président mexicain.

Juste avant cette réunion cruciale pour l'économie des deux pays, les gardes-frontières américains ont annoncé que plus de 144 000 migrants avaient été arrêtés en mai à la frontière sud des États-Unis, une hausse de 32% par rapport à avril, et un niveau inégalé depuis sept ans.

Après l'entrée en fonction de Donald Trump en janvier 2017, les arrestations à la frontière étaient inférieures à 20 000 par mois.

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