Jean-Dominique Senard fustige l’attitude de l’Etat actionnaire — Renault

Xavier Trudeau
Juin 13, 2019

Après cet épisode, le président de Renault a demandé à rencontrer Emmanuel Macron pour s'assurer de son soutien, en vain, selon les sources de Reuters.

Appelé en février pour sauver l'alliance avec Nissan, le président de Renault Jean-Dominique Senard, industriel expérimenté, reconnu pour ses qualités de diplomate, se retrouve fragilisé faute d'avoir réussi à calmer les tensions au sein du partenariat automobile franco-japonais. A la suite d'informations du Financial Times, Nissan a confirmé dans un communiqué avoir "reçu une lettre de Renault signalant son intention de s'abstenir de voter" sur la mise en place de trois comités (nominations, audit et rémunérations), lors de l'assemblée générale des actionnaires du constructeur nippon, prévue le 25 juin.

La missive, qualifiée par Nissan de décision "extrêmement regrettable", "n'aurait jamais dû être transmise aux médias", confie une source proche de Renault.

Le constructeur français a affiché en 2018 un résultat net de 3,3 milliards d'euros, en recul de plus d'un tiers par rapport à l'année précédente, notamment à cause des difficultés de Nissan, dontRenault détient 43% du capital.

Le titres des constructeurs Renault et Fiat Chrysler ont regagné de la hauteur, après des informations de presse évoquant la poursuite des discussions entre les deux groupes malgré le retrait de la proposition de fusion de Fiat Chrysler la semaine dernière.

"Le président de Renault s'était déclaré mercredi " déçu " que le projet de fusion avec Fiat Chrysler n'ait pu se poursuivre, en raison des délais supplémentaires réclamés par l'État français, premier actionnaire du constructeur automobile".

La rumeur de sa démission a couru quelques heures dans l'entreprise.

Mais "il n'a pas les mains libres, ni avec Nissan, ni avec l'Etat", estime un connaisseur du dossier. Aurait-il fait cela avec la famille Michelin?

L'une des principales missions confiées à Jean-Dominique Senard était de renouer avec Nissan un dialogue ébranlé par les révélations sur l'ancien homme fort de l'alliance.

Il s'agit de la première AG depuis la chute de Carlos Ghosn, patron emblématique de Renault, embourbé dans une affaire de malversations présumées au Japon. En toute hypothèse, en tant que président de Renault, je préférerais être informé en amont des éventuelles prises de position des uns et des autres.

Les relations tendues avec Nissan depuis novembre et l'échec de ce mariage posent la question de l'avenir de Renault, un groupe qui à lui seul n'a produit "que" 3,9 millions de véhicules l'an dernieret dont les ventes, pour plus de la moitié hors d'Europe, ont souffert ces derniers mois des vents contraires sur les marchés internationaux.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL