Juncker recevra le conseiller de Trump, Jared Kushner, mardi à Bruxelles

Claudine Rigal
Juin 6, 2019

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker recevra ce mardi à sa demande Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain Donald Trump, pour un entretien consacré à la situation au Proche-Orient et d'autres enjeux géopolitiques, a annoncé sa porte-parole Mina Andreeva. Ce plan suscite des doutes croissants, exprimés en particulier par le chef de la diplomatie Mike Pompeo qui, la semaine dernière lors d'une rencontre privée, a admis qu'il " peut être rejeté", déclarant comprendre " pourquoi les gens pensent qu'il s'agit d'un accord que seuls les Israéliens pourront aimer ".

Washington doit en présenter les 25 et 26 juin à Bahreïn le volet économique lors d'une conférence boycottée par les Palestiniens. Mais l'incertitude demeure sur ses aspects politiques, de loin les plus délicats, qui seront exposés "quand le moment sera venu".

Aucune précision n'a été fournie sur les idées présentées par M. Kushner pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

Et selon David Makovsky, du think tank Washington Institute for Near East Policy, le fait qu'il ne soit pas officialisé en même temps que l'aspect économique est révélateur du peu de confiance qu'accorde l'administration Trump à ce plan.

" Sa Majesté a souligné la nécessité d'une paix globale et durable reposant sur une solution à deux Etats, donnant naissance à un Etat palestinien indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale", avait auparavant dit le roi Abdallah à Kushner, selon un communiqué de la maison royale hachémite.

Mais la tenue de nouvelles élections législatives en Israël en septembre, après que le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu a échoué à former un gouvernement de coalition dans le délai qui lui était imparti, pourrait compliquer les efforts des Etats-Unis pour mettre en place leur plan de paix. Les Palestiniens boycottent l'administration américaine depuis que le président Donald Trump a rompu avec des décennies de consensus en reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël, en décembre 2017. C'est "placer la barre haut" que d'imaginer que les Palestiniens puissent gérer un Etat sans ingérence militaire ou gouvernementale israélienne, a-t-il affirmé.

Pour leur part, les responsables de l'administration Trump tentent de freiner les attentes concernant la sortie du plan de paix. Le président américain a transformé la traditionnelle politique d'appui à Israël et l'Etat hébreu en un soutien inconditionnel à Benjamin Netanyahou. "Nous espérons qu'à terme, ils seront capables de gouverner".

Interrogé sur cet enregistrement lors d'une interview hier en Suisse avec le réseau de télévisions locales américaines Sinclair Broadcast Group, M. Pompeo n'a pas démenti son authenticité. Il aurait ainsi déclaré que le plan pourrait ne pas " décoller ".

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