La France, premier pollueur en Méditerranée — Déchets plastiques

Claudine Rigal
Июня 8, 2019

Le fonds épingle notamment la France, plus gros producteur de plastique de la région Méditerranée, même si l'Hexagone est loin d'être le pays rejetant le plus de déchets dans la mer du même nom (NDLR: contrairement à ce qu'affirmait une version initiale de cet article). On estime malgré tout que la France contribue au rejet de 80.000 tonnes de plastiques dans la nature chaque année, dont plus de 10.000 entrent en mer Méditerranée.

Le rapport révèle que les 22 pays de la région génèrent 24 millions de tonnes de déchets plastiques, parmi lesquels 42% sont enfouis, 14% incinérés et 16% seulement sont recyclés.

La France a produit en effet 4,5 millions de tonnes de déchets plastiques en 2016, soit 66,6 kg par personne.

9 % est directement causée par les activités maritimes (pêche, aquaculture, transport).

Si les activités côtières sont responsables d'une grande partie de la pollution, (79% soit 8800 tonnes) en Méditerranée en provenance de France, "en raison notamment d'une mauvaise gestion des déchets et de l'impact des activités touristiques et de loisirs", elles ne sont pas seules. "Les casiers à crabes, les filets à moules, les conteneurs sont parmi les débris retrouvés", précise l'ONG environnementale. Les fleuves charrient 12 % des déchets plastiques retrouvés en mer, selon l'ONG de défense de l'environnement.

Entièrement consacré à la Méditerranée, il pointe du doigt les quelque 600.000 tonnes de plastique qui finissent chaque année dans les eaux de l'ancien berceau de la civilisation occidentale. Le taux de mise en décharge est particulièrement élevé dans certaines zones " comme Marseille et la Corse, avec des décharges à ciel ouvert.

Cette pollution plastique, outre son impact pour la faune et la flore, a un coût important, avertit encore le rapport: l'impact pour la pêche est estimé à 12 millions d'euros (débris plastiques dans les moteurs de bateaux ou les filets), à 21 millions pour le commerce maritime (enchevêtrement dans les pales d'hélice, collisions...) et de 40 millions pour le tourisme.

À cela s'ajoutent les coûts du nettoyage, qui dans les situations les plus complexes peuvent atteindre 18.000 euros par tonne de déchets collectés, et qui sont souvent pris en charge par les collectivités locales.

Il faut parvenir à " zéro fuite dans la nature et promouvoir le réutilisable, en particulier pour les contenants ", plaide la présidente de WWF France, Isabelle Autissier, pour qui il est essentiel non seulement de réduire la consommation de plastiques mais aussi de faire en sorte que les industriels proposent " autre chose ". "Tout le monde parle du recyclage, mais nous ne connaissons pas bien les conditions de la recyclabilité", explique-t-elle.

La navigatrice ne croit pas en revanche aux solutions promettant de ramasser les plastiques dans les océans où ils atterrissent: "On ne va pas peigner la mer".

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