La presse accuse Google de s'enrichir grâce à elle

Xavier Trudeau
Juin 12, 2019

Le bras de fer se poursuit entre Google et la presse américaine.

L'association professionnelle de la presse américaine News Media Alliance accuse Google de générer, grâce à elle, plusieurs milliards de dollars de revenus sans rien lui reverser, selon une étude publiée lundi, dont la méthodologie a néanmoins été contestée par Google et par plusieurs universitaires. Dans un billet de blog de la News Media Alliance - une organisation qui représente plus de 2 000 journaux américains - son président David Chavern explique que cette proposition de loi " permettrait aux éditeurs de nouvelles de pouvoir négocier collectivement de meilleures conditions avec des plateformes telles que Google et Facebook ". Le groupe a notamment lancé Google News en 2006, pour présenter les principales informations du jour, mais aussi pour " maintenir les consommateurs dans l'écosystème Google ", écrivent les auteurs.

Selon l'étude, Google utilise un "volume important de contenu d'actualités" pour susciter l'intérêt pour ses produits, ce qui permet au géant de la recherche de capturer les données des utilisateurs et d'améliorer ainsi ses services. "Chaque mois, Google News et Google Search génèrent plus de 10 milliards de clics sur les sites Web des éditeurs, ce qui génère des abonnements et des revenus publicitaires importants".

Cependant, Google affirme que ces "calculs de fond de panier" sont incorrects.

"L'étude ignore la valeur offerte par Google", a déclaré lundi un porte-parole de la société par e-mail. "L'essentiel des recherches liées à l'actualité ne produit pas de publicité". Ces critiques sont d'autant plus audibles que le géant de Moutain View n'est pas le seul à tirer à boulets rouges sur la publication.

Google garde secrets la plupart des détails sur les revenus qu'il tire de la " recherche ". Auprès du "Guardian ", il a décrit l'étude comme " floue, au mieux ".

"C'est un triste but contre son camp", a tweeté Aron Pilhofer, professeur de journalisme à l'université de Temple. Il y a probablement matière à une discussion sérieuse sur la disparité entre les revenus que génère Google grâce aux éditeurs et les revenus que les éditeurs dégagent de Google. "Mais fabriquer des chiffres à des fins de lobbying pour favoriser l'adoption d'un texte de loi sape toute notre crédibilité", a-t-il lancé sur Twitter.

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