La répression des militaires continue — Soudan

Claudine Rigal
Июня 10, 2019

Des incidents ont éclaté notamment à Omdurman ou encore à Bahri où depuis 24h des manifestants ont installé des barricades sur les routes à l'aide de briques, de pneus, de pierres, de bouts de fer et de troncs d'arbres. Mais, rapidement, les policiers anti-émeutes sont intervenus et ont tenté de les disperser avec des tirs de gaz lacrymogènes et des coups de feu en l'air.

Le premier jour d'une campagne de "désobéissance civile " a débuté ce dimanche au Soudan afin de demander le départ du Conseil militaire de transition qui a pris le pouvoir au pays depuis la destitution du président Omar el-Bechir. "La désobéissance civile et la grève générale sont nos moyens pacifiques pour arracher notre droit à la vie face à la barbarie des milices ".

Les manifestants accusent les paramilitaires des RSF (Forces de soutien rapide) -dirigés par le redouté général Mohammed Hamdan Daglo dit "Hemeidti"- d'être à l'origine de la dispersion du campement au centre de Khartoum, occupé par des milliers de Soudanais depuis le 6 avril.

Deux des quatre personnes décédées ont été tuées par balles à Khartoum et la ville voisine d'Omdourman, tandis que les deux autres ont été "battues et poignardées" et sont mortes dans un hôpital d'Omdourman, a indiqué ce comité de médecins dans des communiqués distincts. Seulement 61, selon le gouvernement. La capitale Khartoum est désormais en état de siège, bon nombre de véhicules armés de mitrailleuses, sillonnant les rues principales et redoublant de vigilance autour de la seule centrale électrique de la ville. À l'aéroport, des passagers attendaient avec leurs bagages en espérant un vol, alors que de nombreuses compagnies ont suspendu leur liaison avec Khartoum. Selon des témoignages concordants, les manifestants n'hésitent pas à interdire aux habitants de ces quartiers de se rendre à leur travail, surtout que les leaders de la contestation ont clairement appelé à la désobéissance civile.

La contestation réclame que les généraux remettent le pouvoir à un gouvernement civil. La plupart des commerces sont restés portes closes, d'après des correspondants de presse sur place.

"On a vu des soldats en train d'enlever des barrages routiers dans certaines rues d'Omdourman", a déclaré un témoin. "Je suis allé dans trois boulangeries et je n'ai pas pu acheter de pain", a déclaré un habitant, joint au téléphone par l'AFP.

Arrivé vendredi pour tenter de trouver une issue à la crise soudanaise, le Premier ministre éthiopien avait mené une série de rencontres avec les représentants de la contestation populaire ainsi qu'avec le président du Conseil militaire, le général Abdel Fattah al-Burhane.

Mohamed Esmat, de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), à la pointe de la contestation, a été emmené vendredi par "des hommes armés" devant l'ambassade éthiopienne à Khartoum.

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