La Russie veut accéder aux données de Tinder

Claudine Rigal
Juin 7, 2019

Tinder devra coopérer avec les autorités russes sous peine d'être complètement bloqué dans le pays.

L'application de rencontre sera donc obligée de partager ses clés de chiffrement avec les autorités et de conserver les informations de ses utilisateurs pendant six mois, tout comme les 175 autres services qui figurent sur la liste des autorités russes et qui sont obligés de transmettre leurs données. Lundi 3 juin, ce service fédéral a annoncé que l'application de rencontres en ligne Tinder allait devoir partager, sur demande, les données de ses utilisateurs avec les services de renseignement russes, dont le FSB, célèbre service de contre-espionnage (ex-KGB), nous apprend l'AFP. Dans un communiqué de presse, adressé notamment à Business Insider US, Tinder a confirmé qu'elle avait "reçu une demande pour s'enregistrer auprès des autorités russes, et qu'elle s'est enregistrée pour s'y conformer".

L'année dernière, les autorités russes ont interdit l'application de messagerie Telegram après que celle-ci a refusé de fournir les données de ses utilisateurs. Cependant, cette inscription ne fait en aucun cas partager des données avec les agences de régulation et nous n'avons pas livré de données au gouvernement. Désormais, sur simple demande du FSB, la société IAC (éditeur de Tinder) devra fournir les clefs de chiffrement permettant d'accéder aux données des utilisateurs.

Le bâtiment du KSB à Moscou, en Russie. L'avenir nous dira si Tinder parviendra bel et bien à résister aux velléités de contrôle des autorités russes.

La Russie s'aligne sur la Chine concernant la gestion des données numériques personnelles, qui n'ont plus grand chose de " privé ". Et le pays dirigé par Vladimir Poutine est en train de créer son propre réseau internet isolé qui ne sera accessible qu'au sein des frontières russes.

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