L'augmentation de la dette justifie une procédure disciplinaire, selon Bruxelles — Italie

Xavier Trudeau
Июня 5, 2019

La Commission européenne a conclu, mercredi 5 juin, que l'Italie ne respectait pas les règles budgétaires de l'Union en raison de l'augmentation de sa dette publique, une situation qui justifie selon elle l'ouverture d'une procédure disciplinaire. C'est en effet au Conseil qu'il revient de prendre la décision finale.

Mais cette question technique n'évacue pas le fond du problème: l'an dernier, la dette italienne a atteint 132,2% du PIB, et la Commission s'attend à un effet boule-de-neige qui la mènerait à dépasser la barre des 135% l'an prochain. À titre de comparaison, l'Italie paye autant pour le service de la dette que pour l'ensemble de son service éducatif, souligne la Commission.

Et son déficit structurel devrait s'aggraver en 2018, alors qu'une amélioration sensible était demandée.

La Commission souligne en outre que l'Italie est en train de revenir sur ses engagements en matière de réformes structurelles et de réforme des retraites, ce qui " pourrait affecter négativement [son] potentiel de croissance ". Elle pourrait aboutir, à terme, à des sanctions allant jusqu'à 0,2% de son PIB, soit environ 3,5 milliards d'euros.

Ce dénouement survient au moment où le gouvernement constitué du Mouvement Cinq Étoiles (anti-système) et de la Ligue (extrême droite) semble plus que jamais fragilisé, comme en fait foi la récente menace de démission du premier ministre Giuseppe Conte.

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