Le cancer du col de l'utérus pourrait être éliminé

Evrard Martin
Июня 30, 2019

Le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH ou papillomavirus, un virus qui se transmet notamment par voie sexuelle) a contribué à réduire considérablement les taux d'infections du col de l'utérus au cours des dix années qui ont suivi le lancement de vastes campagnes de vaccination. En réunissant toutes ces données, on montre que la vaccination contre les virus du papillome humain réduit drastiquement les infections qui sont causées par ces virus, ça réduit les condylomes ano-génitaux et aussi les lésions précancéreuses du col de l'utérus. Ce qui correspond à plus de 60 millions d'individus au total.

Les maladies provoquées par le VPH comptent parmi les infections transmises sexuellement les plus courantes.

Sous la supervision du professeur de la Faculté de médecine de l'Université Laval, Marc Brisson, les chercheurs ont participé à la " plus grosse étude d'envergure " jamais réalisée depuis l'implantation du programme de vaccination contre le VPH, il y a une dizaine d'années, et dont les résultats sont publiés dans la revue scientifique The Lancet. En effet, l'incidence des cancers du col de l'utérus marquent nettement le pas depuis leur mise en application. Idem pour les lésions précancéreuses du col de l'utérus, dont les diminutions ont été de 51 % chez les filles de 15 à 19 ans et 32 % chez femmes de 20 à 24 ans. Du côté des condylomes, les baisses observées sont de 67 pour cent chez les 15-19 ans, de 54 pour cent chez les 20 à 24 ans et de 31 pour cent chez les 25 à 29 ans. Les chercheurs canadiens ont également noté que la fréquence des infections au VPH a baissé chez les garçons, même lorsque la vaccination ne ciblait que les filles. En février dernier, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) expliquait vouloir que les filles du monde entier soient vaccinées contre les HPV, la mortalité par cancer du col de l'utérus étant particulièrement forte dans les pays pauvres. Dans la foulée, 50 sociétés savantes demandaient l'extension de la vaccination aux jeunes filles, mais aussi aux garçons pour prévenir ce cancer.

"Dans les 10 à 20 prochaines années, on devrait commencer à voir des réductions du cancer du col de l'utérus", assure Mélanie Drolet, docteure en épidémiologie, interrogée par le Journal du Québec. "Ce sont les plus virulents qui causent 70% des cas de cancer du col de l'utérus alors de voir des réductions de 80%, c'est vraiment substantiel", s'enthousiasme la première auteure.

"Cette étude fournit la première preuve tangible que la vaccination contre le HPV pourrait prévenir le cancer du col de l'utérus puisqu'on a des réductions significatives des infections qui causent le cancer et des lésions qui surviennent tout juste avant d'avoir le cancer", conclut-elle.

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