Le G20 Finances alerte des risques d'une détérioration de la croissance mondiale

Claudine Rigal
Juin 11, 2019

"Surtout, les tensions commerciales et géopolitiques se sont intensifiées", ont déclaré dans un communiqué final les ministres des Finances et les dirigeants des banques centrales des pays du G20, réunis ce week-end au Japon.

"Même discours alarmiste du côté de Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI)". Après cela, Steven Mnuchin, le secrétaire américain au Trésor, a pris la parole et s'est exprimé en ces termes: "Il semble que nous ayons un fort consensus sur les objectifs de la réforme fiscale. Mais je ne pense en aucun cas que le ralentissement observé dans plusieurs régions du monde soit la conséquence des tensions commerciales", a-t-il dit aux journalistes samedi. "Clairement, les tensions commerciales représentent un risque majeur à l'horizon", a-t-elle souligné dans une interview au quotidien économique japonais " Nikkei ". Sans surprise, ce sont les Britanniques, par la voix du ministre Philip Hammond, et les Français, par celle de Bruno Le Maire, qui ont été les grands animateurs de la rencontre en proposant de complexifier le transfert de bénéfices vers des paradis fiscaux et en instaurant un impôt minimum sur les sociétés, la fameuse taxe GAFA.

"Oui il y a un ralentissement en Europe, en Chine et ailleurs". Le FMI estime que les surtaxes imposées par Washington et Pékin, pourraient réduire le PIB mondial de 0,5% l'an prochain.

Avant la rencontre du G20, Mme Lagarde avait fait de ce dossier "la priorité absolue", exhortant les pays membres à maintenir une politique monétaire accommodante pour soutenir l'activité.

Autour de la table, un homme s'est cependant démarqué de cette antienne.

Réserve fédérale américaine, Banque centrale européenne, Banque du Japon...

Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a ainsi à nouveau fait état de sa vigilance face aux "incertitudes".

Mais, a-t-il prévenu, il ne faut pas attendre d'avancées avant le sommet du G20, prévu pour fin juin à Osaka: c'est au plus haut niveau de l'Etat que les choses vont se jouer, entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping.

L'approche approuvée par le G20, et préconisée en amont par l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), consiste d'une part à modifier la méthode de calcul de l'imposition des entreprises, en répartissant la taxation des entreprises entre les pays où elles vendent leurs biens et services, même si elles n'y ont pas de présence physique.

Les grands argentiers des économies majeures de la planète ont promis de "redoubler d'efforts" pour "remettre de la justice fiscale sur la scène internationale", selon les propos de Bruno Le Maire. "C'est plus que faisable, c'est nécessaire de conclure un accord en 2020".

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