Le "plan social doit être amélioré" souligne Bruno Le Maire — GE

Xavier Trudeau
Juin 4, 2019

L'activité liée au gaz, qui emploie 1 900 salariés, serait la plus touchée par ce plan social avec 792 suppressions de postes. "1 050 emplois supprimés, c'est trop et je pense que GE peut et doit faire mieux et que c'est une condition préalable pour que les choses s'apaisent sur le site", a poursuivi Bruno Le Maire qui s'est exprimé successivement devant la direction et les représentants du personnel. "Il est impératif de clarifier ce point" a-t-il ajouté.

Bruno Le Maire a été particulièrement conspué par une vingtaine de "gilets jaunes" qui s'étaient placés au premier rang des manifestants.

Sur les pancates, cet appel, " sauvegardons notre savoir-faire", et sur une grande banderole de la CGT, cet autre appel: " filière industrielle énergie, pour son développement à Belfort ".

Le ministre de l'Économie et des Finances se rendra sur le site de General Electric (GE) à 15 h 30 "pour échanger avec les représentants des salariés ainsi que les élus locaux au sujet de la situation actuelle de l'entreprise et de l'avenir industriel du site", a annoncé dimanche le ministère. Et " c'est l'aéronautique qui est aujourd'hui l'activité la plus prometteuse, celle sur laquelle, je pense, nous pouvons investir. Le maire de Belfort, Damien Meslot, plaide lui aussi pour cette voie: "La diversification industrielle du site de Belfort par la production de turboréacteurs d'avions est la piste la plus prometteuse et la plus rapide". Bruno Le Maire a également indiqué qu'il entendait obtenir de General Electric l'assurance que le vaste plan social annoncé sur le site belfortain du groupe américain n'annonçait pas "un plan de liquidation".

" Le gouvernement est le seul à pouvoir nous aider, le seul à pouvoir négocier avec les patrons de General Electric américains ", a souligné le syndicaliste, selon lequel " supprimer 800 emplois, c'est supprimer le business gaz " de GE. "J'ai eu l'occasion de dire au président de GE Larry Culp que son plan social (annoncé la semaine dernière, NDLR) doit être amélioré", a déclaré M. Le Maire, accueilli quelques instants plus tôt par les huées et les sifflets de centaines de personnes.

" Je veux être clair, Belfort ne fermera pas".

" Pour chaque euro apporté par GE à cette société, je suis prêt à apporter un euro d'argent public à travers la banque publique d'investissement", s'est-il engagé.
Comment réagira General Electric? "On ne se laissera pas embobiner par de belles paroles", a-t-elle prévenu, précisant que Bruno Le Maire demandera "des explications emploi par emploi et des développements industriels". Il avait une nouvelle fois critiqué la décision d'un de ses prédécesseurs de racheter le pôle Energie du fleuron français Alstom en 2015, une acquisition dont le calendrier tombait mal, selon lui, et qui a grossi les capacités de GE au mauvais moment.

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