Le suspect des attaques de Christchurch plaide non coupable — Nouvelle-Zélande

Claudine Rigal
Июня 14, 2019

Brenton Tarrant, inculpé pour le meurtre de 51 fidèles en mars dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, a suscité ce vendredi la colère des victimes en apparaissant le sourire aux lèvres à l'audience, alors que ses avocats plaidaient non coupable en son nom.

Brenton Tarrant, inculpé pour le meurtre de 51 personnes dans deux mosquées en mars, plaide non coupable de "tous les chefs d'accusation".

L'audience de Brenton Tarrant a été retransmise en visio-conférence. Pour promouvoir son action, il avait diffusé une vidéo de l'horreur, en direct, sur le réseau social Facebook. Dans un manifeste publié sur Internet, il s'était qualifié de "raciste", "ethno-nationaliste" et "eco-fasciste".

"Cela montre juste que c'est un animal", a déclaré à l'extérieur du tribunal Mustafa Boztas, qui a été blessé à la cuisse.

Abdul Aziz, un des survivants de ces terribles attaques. Le 15 mars, c'est lui qui s'était opposé au tireur à la mosquée de Linwood et l'avait poursuivi à l'extérieur muni seulement d'un terminal de paiement par carte bancaire, ce qui avait vraisemblablement permis de sauver des vies.

"À ce moment-là, il n'était pas suffisamment un homme pour se tenir face à moi, mais maintenant, il se tient là en souriant".

Tarant, dont l'aptitude à être jugé a été établie par les expertises psychiatriques effectuées pendant sa détention, n'a pas manqué de décocher un sourire ironique lors de l'audience du vendredi, pendant que plusieurs dizaines de survivants et de proches de victimes se trouvaient dans la galerie du public, en suivant la retransmission.

Son procès ne devrait pas s'ouvrir avant le 04 mai 2020, a assuré son avocat qui indiquera qu'il durera six semaines. Les juristes estiment qu'il s'agira du plus grand procès jamais organisé en Nouvelle-Zélande. "Cela devrait être fini dans les six mois". Une nouvelle audience doit avoir lieu le 15 août. "Nous ne sommes pas contents", a-t-il déclaré.

Le massacre de Christchurch, fait observer le média français, a amené le Gouvernement néo-zélandais à "durcir la législation locale sur les armes", tout en annonçant "une réexamination des lois concernant la répression des discours de haine".

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