Radio France propose un "nouveau pacte social" pour faire des économies

Pierre Vaugeois
Juin 6, 2019

" Nos enjeux sont intimement liés à ceux qui traversent notre société ", a estimé Sibyle Veil, la présidente de Radio France, à l'ouverture d'un conseil social et économique (CSE) central extraordinaire, citant dans l'ordre " la baisse de la ressource publique", " le défi technologique", et " la crise de confiance, la défiance, la désinformation ", selon le compte Twitter du Syndicat national des journalistes (SNJ) de Radio France, qui retranscrivait en direct les échanges. Pour cela, Sibyle Veil aimerait, par exemple, créer Studio Radio France, afin de produire des contenus sonores pour des entreprises extérieures.

Selon cette même source interne, il n'y aura pas de plan de départs mais "un volet d'accompagnement aux départs volontaires, via des congés mobilité", car "des métiers vont s'éteindre", mais "la priorité est d'accompagner les collaborateurs en faisant évoluer leurs compétences".

"Radio France 2022 " présenté au conseil d'administration et aux représentants du personnel fixe des objectifs de parité (" 50% de voix féminines et d'expertes "), d'actions d'éducation aux médias (déployée " sur tout le territoire "), d'information (renforcement de l'investigation, création d'une cellule de vérification de l'information au sein de l'agence de franceinfo), et surtout de formation des salariés au numérique (en multipliant par trois le volume des formations).

A ces 25 millions d'euros s'ajouteraient 15 millions économisés sur des coûts de diffusion et d'autres moyens à redéployer. Radio France devrait également générer 20 millions d'euros supplémentaires via de la publicité, du mécénat mais aussi l'enregistrement de musiques de films ou de livres audio. "Votre nouveau pacte social est une opération de chantage inacceptable pour les organisations syndicales", estiment-ils, " car vous liez le nombre de suppressions d'emplois à la signature d'accords ".

Le prédécesseur de Sibyle Veil, Mathieu Gallet, avait affronté une grève historique un an après son arrivée en annonçant des restrictions budgétaires et des réductions d'effectifs.

Le groupe prévoit un budget à l'équilibre en 2019 pour la deuxième année consécutive, autour de 650 millions d'euros de chiffre d'affaires, sur fond d'audiences record et alors que les énormes travaux en cours à la Maison ronde entrent dans leur dernière phase. Mais il est soumis, comme le reste de l'audiovisuel public, à un plan d'économies réclamé par l'Etat d'ici à 2022. Outre 20 millions d'euros de baisse attendue des contributions de l'Etat, le tour de vis supplémentaire vise à compenser 20 millions d'euros d'augmentation des charges et permettre 20 millions d'investissement dans le numérique.

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