Theresa May, le dernier jour — Royaume-Uni

Claudine Rigal
Juin 7, 2019

Theresa May restera en fonction jusqu'à la désignation du son successeur par les tories, d'ici la fin juillet.

Usée par le Brexit, mais aussi par les complots et les critiques incessantes dont elle a fait l'objet au sein de son parti, profondément divisé sur la question, c'est une Theresa May au bord des larmes qui avait annoncé le 24 mai sa démission. Mais où a foiré celle qui semblait si déterminée à réaliser le Brexit?

Depuis sa nomination au 10 Downing Street en juillet 2016, Theresa May avait la lourde tâche de mettre en place un accord de sortie de l'Union européenne (UE), tout en prenant soin de ne pas diviser les Britanniques.

Elle le fait en mars 2017, ce qui apparaît rétrospectivement bien court pour mener à bien une opération aussi complexe sans une stratégie de négociation claire ou soutenue par son parti et les députés britanniques. Résultat: la dirigeante a été contrainte de repousser au 31 octobre 2019 le divorce, prévu initialement le 29 mars, afin d'éviter une sortie sans accord, scénario redouté dans les milieux économiques.

Lors de la formation du gouvernement Cameron en 2010, Theresa May a été nommée secrétaire d'État à l'Intérieur.

A lire aussi - Hard Brexit et hard Trump! Elle a fixé en outre des lignes rouges (sortie de l'union douanière et du marché unique) sur lesquelles elle a ensuite dû revenir, notamment en acceptant le "backstop".

Fille d'un vicaire anglican, Theresa May a commencé sa carrière à la Banque centrale d'Angleterre de 1977 à 1983, puis dans le secteur bancaire privé. Ce dispositif de dernier recours prévoit en effet le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière pour éviter une frontière physique entre la République d'Irlande (membre de l'UE), et la province britannique d'Irlande du Nord, et a été la cause d'une grande partie de l'opposition des députés à l'accord.

La dirigeante avait convoqué en juin 2017, trois ans avant la date prévue, des élections législatives censées la renforcer pour faire passer son projet de Brexit, confortée par des sondages lui promettant une victoire éclatante.

L'opération tourne au fiasco.

Theresa May quitte vendredi la tête du Parti conservateur, ouvrant officiellement la course à sa succession. Il faudra attendre le troisième rejet, fin mars, du texte conclu avec l'UE pour qu'elle entame des pourparlers avec les travaillistes de Jeremy Corbyn. Au cours des prochaines semaines, Theresa May "continuera à travailler pour les gens de ce pays".

Aucun évènement majeur ne marquera son départ. Mais son accord négocié pendant de longs mois avec Bruxelles et censé organiser une sortie en douceur de l'UE, a été rejeté à trois reprises par les députés britanniques. En affirmant qu'un divorce sans accord "vaut mieux qu'un mauvais accord", elle braque une partie de l'opinion britannique, ainsi que les milieux économiques.

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