Un contexte tendu pour la venue du Premier ministre japonais en Iran

Claudine Rigal
Juin 14, 2019

Ces attaques d'origine inconnue surviennent sur fond de tensions croissantes entre l'Iran et les États-Unis autour du nucléaire iranien.

Suite à la rencontre avec le président iranien, Shinzo Abe s'est entretenu, ce jeudi, avec l'Ayatollah Khamenei. L'économie nippone est très dépendante du pétrole du Golfe et Tokyo attache une grande importance à la stabilité de ses approvisionnements en hydrocarbures.

Le Président Hassan Rohani a, quant à lui, déclaré que les tensions régionales actuelles étaient dues à la guerre économique menée par la puissance américaine contre son pays.

Depuis la décision prise par M. Trump de sortir les États-Unis de l'accord de Vienne, Washington a rétabli ou renforcé des sanctions économiques contre l'Iran.

M. Trump a proposé des pourparlers avec l'Iran, mais jusqu'à présent, il a été rejeté.

Si Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, n'a de cesse, à chacune de leurs rencontres, de flatter l'ego de Donald Trump et de mettre en scène l'alignement parfait de leurs politiques étrangères, il continue de tisser, comme ses prédécesseurs, des liens stratégiques avec des nations profondément brouillées avec Washington.

Cette visite de Shinzo Abe fut un moment historique. Un porte-parole de M. Abe a refusé de dire si le Premier ministre avait adressé à M. Rouhani un message de M. Trump ou s'il l'avait encouragé à parler aux États-Unis.

Avant son départ, M. Abe a déclaré qu'il avait l'intention d'échanger des vues avec des dirigeants iraniens dans le but de réduire la montée des tensions.

Après la réunion, M. Abe a souligné les relations diplomatiques entre le Japon et l'Iran, étalées sur neuf décennies, tout en faisant part de son inquiétude face à l'influence déstabilisatrice de l'Iran dans la région. " Ma préoccupation principale est que l'Iran respecte cet accord " a déclaré M. Abe.

La rhétorique instable de l'administration Trump à l'égard de l'Iran se poursuit.

" Je n'ai pas de réponse pour lui et ne lui répondrai pas", a ajouté M. Khamenei.

"Le mot suspicieux ne suffit pas à décrire ce qui transpire apparemment" de ces "attaques" contre des "tankers liés au Japon survenues alors que le premier ministre (japonais) rencontrait" le Guide suprême iranien à Téhéran, écrit Mohammad Javad Zarif sur Twitter.

La visite de M. Abe survient au lendemain de la libération par l'Iran d?un Libanais résident des Etats-Unis, Nizar Zakka, détenu depuis 2015 et condamné à dix ans de prison pour "espionnage" au profit de Washington, et deux jours après le passage à Téhéran du ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

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