Urgences: Buzyn annonce qu'elle va faire des "propositions"

Evrard Martin
Juin 6, 2019

À l'origine du mouvement à Saint-Antoine, l'agression de trois soignantes aux Urgences, après laquelle la direction de l'hôpital refuse de porter plainte.

Paris, le mercredi 5 juin 2019 - Débutée mi-mars à l'hôpital Saint Antoine de Paris, la grève des urgences concernerait désormais 80 services selon le collectif inter-urgences et, loin de faiblir, le mouvement semble entrer dans une phase de durcissement. Jeudi, une manifestation du personnel soignant des urgences est organisée à Paris. Le projet de fermeture de l'une des deux lignes du service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR) suscite alors une levée de boucliers au sein de l'établissement.

Si ce soulèvement s'est cristallisé autour de revendications classiques d'augmentations des salaires et des effectifs, il révèle également un "malaise profond et général " estime François Braun, chef de service au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France. Cela représente près du quart des établissements dotés d'une structure d'urgence. Réunis en assemblée à la Bourse du travail de Paris le 25 mai, les services grévistes, soutenus par les syndicats CGT, FO et SUD, combinent des revendications locales (par hôpital) et centrales (lire encadré).

Grèves, réquisitions, arrêts maladie en guise de protestation... La semaine dernière, à Lons-le-Saunier, les gendarmes sont venus au beau milieu de la nuit réquisitionner le personnel, sur ordre préfectoral. L'agence pointe dans un communiqué "un absentéisme soudain, appelle à la déontologie médicale et au sens des responsabilités". Une dizaine d'infirmières ne sont pas venues travailler lundi 3 juin au soir aux urgences. "C'était le moment d'envoyer un signal fort", explique Hugo Huon, infirmier, à l'AFP. Lui, n'a pas cessé le travail mais dit comprendre "que des équipes soient épuisées". "La situation aux urgences est devenue intenable", réagit Patrick Pelloux, le président de l'Association des médecins urgentistes de France, sur Twitter. Interrogée mardi sur le sujet, Agnès Buzyn a reconnu "une très grosse fatigue des personnels aux urgences" sur France Inter.

La situation est telle que dans plusieurs hôpitaux les soignants entrent massivement en arrêt maladie. "Je pense que ce n'est pas bien, ça entraîne une surcharge de travail pour les autres".

Ce mercredi matin, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a indiqué sur RTL qu'Agnès Buzyn serait "disponible pour recevoir les médecins urgentistes et trouver des solutions à leurs difficultés". Elle n'a toutefois pas précisé si la ministre de la Santé se rendrait au Congrès national des urgentistes débutant le jour même, n'étant pas noté sur son agenda. Signe d'un malaise profond, une manifestation est prévue dans la capitale le 6 juin, à l'occasion de la tenue congrès des urgentistes. Notamment de s'enchaîner avec des contentions hospitalières pour exprimer le manque de moyens, et de déverser des coton-tige pour "que les fonctionnaires du ministère de la Santé puissent enfin se nettoyer les oreilles et soigner leur étonnante surdité".

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