Victime d'agressions sexuelles, cette adolescente a choisi d'être euthanasiée

Claudine Rigal
Июня 6, 2019

Le terme exact est donc " suicide " et non pas euthanasie car aucune injection n'a été réalisée pour mettre fin à la souffrance de la jeune femme. D'ailleurs, elle se qualifie elle-même de survivante en expliquant: "je respire, mais je ne vis plus". Mais des médias internationaux ont alors rapporté mardi et mercredi que la jeune fille avait été euthanasiée. Sur Instagram, Noa a partagé les raisons de cette décision difficile. "Peut-être que cela en surprendra certains, mais mon plan est réfléchi depuis un long moment et il n'est pas impulsif", a-t-elle écrit. Noa, elle, en a décidé autrement, avec un dernier message: "L'amour, dans ce cas-là, c'est me laisser partir". Je vais aller droit au but: dans un délais maximum de dix jours, je serai morte. "Après des années de combats et de combats, je suis épuisée".

Après des années de douleur, ses parents ont fini par accepter l'idée de laisser leur fille partir comme elle le souhaitait: elle a choisi de cesser de s'alimenter et de boire.

Alors qu'elle était enfant, Noa Pothoven a été violée à trois reprises. A 11, lors d'une fête d'école, à 12 ans au cours d'une soirée d'adolescents et à 14 ans, par deux hommes, dans la rue. Elle a fini par raconter son histoire dans un livre intitulé "Gagner ou apprendre". Elle s'est dit tout le temps vivre dans la peur, et que son corps "se sent toujours sale". Depuis, elle souffrait de stress post-traumatique, de dépression et d'anorexie.

Elle a été agressée trois fois dans sa jeunesse. Elle avait alors été mise dans le coma pour la nourrir artificiellement avec une sonde. "Ces derniers mois, elle avait fait plusieurs tentatives de suicide ", raconte Naomi O'Leary. "Nous n'avons pas compris". "Noa est douce, belle, intelligente, sociale et toujours joyeuse". Comment est-ce possible qu'elle veuille mourir? Nous ne connaissions son secret que depuis un an et demi. Mais elle se questionne: pourquoi elle voulait mourir.

Ses parents, Lisette et Frans, ont tout tenté pour l'aider, en essayant, en vain, de trouver un établissement spécialisé capable de traiter son mal-être. Mais la clinique avait refusé sa demande. Elle a plutôt cessé de manger et de boire. C'est là que la question de l'euthanasie est entrée en jeu et que les médecins ont accepté d'accompagner sa fin de vie en lui fournissant les traitements nécessaires afin de s'éteindre sans douleur.

En réaction à la publication de nombreux articles erronés concernant le décès de Noa Pothoven, Levenseindekliniek, l'institution chargée des euthanasies aux Pays-Bas, a publié un communiqué ce mercredi pour démentir la version des faits propagée dans le monde entier.

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