1,2 millions de perdants — Réforme du chômage

Xavier Trudeau
Juillet 6, 2019

Un document révélé par RTL ce jeudi met à mal la communication du ministère du Travail autour de la réforme de l'assurance chômage. Actuellement, ce montant est calculé sur la moyenne des jours travaillés.

Aujourd'hui, l'allocation chômage est basée sur le salaire journalier de référence (SJR). Aujourd'hui, seuls les jours travaillés sont pris en compte. Et les périodes de chômage peuvent devenir, de facto, plus rémunératrices que les mois en partie travaillés. Mais selon le document de travail de l'Unedic, les chiffrages des demandeurs d'emploi impactés sont plus élevés que ceux estimés par le gouvernement. Cependant, cette différence est compensée par le fait qu'un allocataire ayant travaillé plus s'ouvre des droits plus longs qu'un autre ayant alterné emploi et inactivité, suivant le principe un jour travaillé = un jour indemnisé.

Selon une évaluation de l'Unedic, dévoilée par Les Echos, plus d'un demi-million de personnes seront concernées par le changement des règles d'entrée en indemnisation et au rechargement.

Selon l'organisme, des transferts sont à attendre vers d'autres prestations sociales comme la prime d'activité, le RSA (revenu de solidarité active) ou encore les aides au logement, et la baisse du montant de l'allocation entraînera une diminution du financement des points de retraite complémentaire.

Deuxième effet: la durée du droit sera plus courte pour 250.000 allocataires avec le passage à 24 mois pour les moins de 53 ans. C'est en tout cas ce qu'estime l'Unedic dans un document confidentiel que Les Echos ont pu consulter.

Pour l'exécutif, ce mode de calcul inciterait à "fractionner " les contrats: travailler deux semaines par mois donne, grosso modo, droit à la même somme que travailler quatre. Elle est pas belle, la vie?

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL