Affaire Rugy : une cascade de révélations embarrassantes

Xavier Trudeau
Juillet 13, 2019

"La manière dont il m'a congédiée suffit pour répondre à votre question et je ne souhaite pas en dire davantage pour ne pas l'accabler", réagit consternée Nicole Klein, la désormais ancienne directrice de cabinet de François de Rugy, à propos du ministre, lors d'une interview le 12 juillet accordée à Ouest-France. Sur la table des salons de l'hôtel de Lassay, résidence de la présidence, ont été servis des homards géants, du champagne et de prestigieux vins de la cave de l'Assemblée.

"Non je ne lâcherai pas, je suis très en colère, je suis très en colère contre les mensonges", s'est défendu avec véhémence François de Rugy. Répondant aux révélations de Mediapart, qui affirme qu'elle aurait occupé un logement HLM depuis 2001 et l'aurait conservé de 2006 à 2018 alors qu'elle n'habitait plus à Paris, Nicole Klein rétorque qu'elle y passait "de nombreux week-ends et l'essentiel de (s) es vacances".

Le ministre met fin jeudi aux fonctions de Mme Klein, qui avait rejoint fin 2018 le cabinet. "Il a voulu sauver sa tête en offrant la mienne", déclare l'ancienne préfète des Pays de la Loire à Ouest-France, affirmant par ailleurs avoir "péché par négligence, pas par intérêt financier". Un autre article de Mediapart concerne des travaux réalisés par le ministre dans son logement de fonction à l'Hôtel de Roquelaure pour un montant de 63.000 euros. Travaux qu'il justifie sur Twitter par la nécessité de rénover "régulièrement" ce bâtiment.

Plutôt indulgent avec M.de Rugy, un ancien membre des Verts, le patron d'EELV David Cormand a regretté qu'il y ait "deux grands perdants dans cette affaire, l'image de la démocratie et l'écologie".

Mediapart continue ses révélations. Il est accusé par Mediapart d'avoir bénéficié, à l'instar de sa directrice de cabinet, d'un logement social (HLM) depuis 2016, alors qu'il n'y vit pas, et par Le Parisien, d'avoir effectué de nouvelles dépenses avec de l'argent public (un sèche cheveux doré à la feuille d'or à 499 euros, un appareil à raclette d'une valeur de 200 euros et un vélo elliptique d'une valeur de 769 euros). Son utilité n'est pas précisée, mais le couple de Rugy affirme l'avoir laissé en quittant l'Assemblée nationale pour s'installer au ministère.

Interrogée sur un dîner avec des lobbyistes du monde de l'énergie, organisé en mars par François de Rugy, Nicole Klein confirme avoir été elle-même "conviée par le secrétaire général" à un dîner le 20 mars, "avec Marc Teyssier d'Orfeuil, lobbyiste des véhicules écolo, avant d'être écartée de ce dîner par François de Rugy".

Selon Ouest France, ce dîner "surprend certains membres de son entourage".

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