Dîners luxueux : François de Rugy se défend

Pierre Vaugeois
Juillet 10, 2019

Le désormais ministre de la Transition écologique a assuré mercredi sur France Inter qu'il s'agissait d'"un travail de représentation".

Grands crus à 500 euros la bouteille, homards géants, compositions florales et vaisselle d'apparat... avec les deniers du contribuable public.

François de Rugy, alors président de l'Assemblée nationale, et son épouse ont multiplié les dîners privés fastueux à l'Hôtel de Lassay entre 2017 et 2018, rapporte ce mercredi Mediapart, "un travail de représentation" assumé par le ministre de l'Ecologie. Mediapart indique que les invités étaient essentiellement des amis du couple, ce que les intéressés nient. Le site met en doute le caractère professionnel de ces événements, citant notamment le journaliste d'Europe 1 Jean-Michel Aphatie, qui, après avoir participé à l'une des soirées, constate que "ce n'est pas un dîner de travail". "J'assume totalement qu'un président de l'Assemblée rencontre dans un cadre informel des responsables d'entreprises, de la culture, d'universités". François De Rugy dit qu'il n'a "rien à se reprocher".

Tout en disant "comprendre" qu'un tel article "suscite des réactions, et même des incompréhensions, des interrogations", François de Rugy a dénoncé des "propos mensongers", "une présentation tendancieuse" et un "parti pris militant" de Mediapart.

"'La vie de château'... vous voyez bien que c'est grotesque". Il a aussi fait valoir avoir "mis un peu d'ordre dans un certain nombre de gestions de budgets de l'Assemblée nationale". Chacun s'en souvient, c'est moi qui ai réduit la retraite des députés: 37% de moins.

Du côté des Insoumis, le coordinateur du parti Adrien Quatennens a ironisé sur "les conseils de vertu et d'exemplarité" que l'"écologiste de châteaux" François de Rugy dispensait lorsqu'il était président de l'Assemblée. Il évoque une diminution de 13% des frais de réception pendant son mandat, ainsi qu'une baisse de 34% du budget transports. Il reconnaît "tout au plus une dizaine de dîners informels liés à l'exercice de ses fonctions avec des personnalités issues de la société civile", "le plus souvent une dizaine (deux fois une vingtaine, plusieurs fois moins de dix) (...) issues du monde économique, médiatique, culturel, scientifique, universitaire", selon son cabinet. Les invités n'étaient "pas des amis". Certains nous les connaissions, d'autres nous ne les connaissions pas. (...) C'est ça, le propre d'avoir des relations de travail.

A droite, le député du Pas-de-Calais (LR) Les Républicains Daniel Fasquelle décèle dans un tweet une contradiction entre l'affaire Rugy et ce que veulent incarner les macronistes: "De somptueux dîners organisés par les époux de Rugy épinglés [.] et "en même temps" la majorité pointait du doigt les députés et faisait voter une loi de "moralisation" de la vie publique". Madame abonde sur Mediapart: "Quand vous êtes un homme politique, vous ne pouvez pas vous couper de la société". "Eh bien moi, j'ai toujours souhaité que l'Assemblée nationale soit ouverte", s'est encore justifié l'ancien hôte de l'hôtel de Lassay.

Le train de vie de François de Rugy avait déjà été pointé du doigt en 2018.

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