"Gilets noirs" : des centaines de sans-papiers occupent brièvement le Panthéon

Pierre Vaugeois
Juillet 13, 2019

Des centaines de sans-papiers ont envahi, vendredi 12 juillet à la mi-journée, le Panthéon, à Paris, pour réclamer la régularisation de leur situation et un rendez-vous avec le Premier ministre, Édouard Philippe.

Aux alentours de 17 h 30, des heurts ont eu lieu avec la police alors que certaines personnes tentaient de quitter les lieux, selon un journaliste du magazine Basta! sur place. Plusieurs ont été pris en charge par des services de secours pour des plaies ou des malaises, ont-ils aussi constaté. On restera ici jusqu'à ce que le dernier d'entre nous aie des papiers et pour que celles et ceux qui viendront après aient la liberté de rester. "On veut parler au Premier ministre Edouard Philippe, maintenant!", écrivaient-ils.

"Beaucoup de gens vivent sans droit depuis des années". Dans une lettre adressée au premier ministre, les collectifs de sans-papiers s'indignent également de la "loi pour une immigration maîtrisée" de septembre 2018, et de la circulaire adressée aux préfets le 31 décembre, demandant de garantir "une exécution effective des décisions d'éloignement". Il n'y a pas eu de régularisation exceptionnelle depuis la prise de pouvoir de Mitterrand (en 1981). Il y a à l'intérieur des symboles de la lutte contre l'esclavage. "On se bat contre l'esclavage du troisième millénaire", a expliqué un membre du collectif " Droits Devant " au Dauphiné Libéré. Les occupants ont été rejoints notamment par la sénatrice EELV de Paris Esther Benbassa.

Dans un communiqué diffusé par le collectif militant "la Chapelle debout", les "gilets noirs " justifient cette action par la nécessité pour les sans-papiers de "rendre les coups à l'Etat et à son racisme, en France et en Europe".

En mai, des centaines de sans-papiers avaient aussi occupé le terminal 2F de l'aéroport de Roissy pour dénoncer "la collaboration d'Air France" dans les expulsions.

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