Le CDD ne débouche pas forcément sur le CDI — Emploi

Xavier Trudeau
Juillet 6, 2019

Dans sa nouvelle édition "Emploi, chômage, revenus du travail", publiée ce mardi, l'organisme de statistiques s'est penché - entre autres - sur les employés en contrat à durée limitée.

L'Insee rappelle que le CDI reste "la norme de l'emploi" en France et couvre 90 % des effectifs du secteur privé.

Seuls 47 % des salariés en contrat à durée limitée (CDD ou contrat aidé) en 2008 étaient employés en CDI sept ans plus tard, selon l'Insee qui pointe en contraste "l'état très stable" des salariés en CDI. "La moitié des moins de 35 ans sont en CDI sept ans plus tard", précise Alix Dauge. Maigre consolation relevée par l'étude: les personnes en CDD réussissent mieux à s'insérer dans l'emploi que les personnes au chômage.

Les personnes en contrat limité supportent également davantage de périodes de chômage indemnisé, à court terme comme à long terme: dès l'année suivante, ils sont 14 % à être principalement chômeurs indemnisés, contre 3 % pour les salariés initialement en CDI.

Si 24 % d'entre eux occupent un emploi en CDI dès l'année suivante, cette proportion augmente ensuite de manière modérée: seuls 47 % sont employés en CDI sept ans plus tard.

Les plus jeunes sont plus facilement recrutés en CDI Autre constat, au-delà de 37 ans, "c'est plus difficile, notamment pour les hommes", affirme la journaliste.

Leur chance d'obtenir un CDI reste néanmoins plus forte que celle des salariés en intérim en 2008 (41 % sont en CDI en 2015) ou en chômage indemnisé (28 %). A caractéristiques individuelles identiques, le salaire horaire, selon CDD et les CDI est toutefois sensiblement le même, nuance l'Insee. L'Insee relève en effet que, pour un salarié donné, le salaire d'embauche en CDD sera plus élevé que le salaire d'embauche en CDI (hors effet de la prime de précarité). Un phénomène qui s'explique en réalité par le fait que certains salariés en CDL (dans le cadre d'un contrat de moins d'un an) touchent une indemnité de précarité dès la première année de leur relation avec leur employeur... mais aussi parce que pour accéder à un CDI, des salariés acceptent des emplois dans des entreprises moins rémunératrices.

Finalement, indique l'Insee, le passage par des CDL " freine la progression salariale ". En revanche 87 % des embauches hors intérim se font en CDD, avec des contrats de plus en plus courts.

Les salariés en CDD peinent à décrocher un CDI et bénéficient d'une évolution de salaire moins avantageuse.

En ce qui concerne la rémunération, là aussi, les écarts entre CDD et CDI sont révélateurs. Ils sont aussi " sur-représentés " chez les ouvriers (11 %) et les employés (14 %), et beaucoup moins présents chez les cadres (4 %). Alors que le gouvernement va instaurer début 2020 un bonus-malus dans plusieurs secteurs abusant des CDD (hébergement-restauration, transport, etc), les auteurs de l'étude ont regardé comment les salariés en CDI évoluaient par rapport à ceux ayant des contrats à durée limitée (CDD, intérim, saisonnier).

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