Le mystère reste entier — Disparition d'Emanuela Orlandi

Claudine Rigal
Juillet 12, 2019

A la demande de la famille de la disparue Emanuela Orlandi, le Vatican avait autorisé l'ouverture jeudi matin de deux tombes d'un bucolique cimetière allemand niché dans la Cité du Vatican.

Aucun reste humain n'a été retrouvé: aucun cercueil, aucune urne, aucun ossement.

Le Vatican en ouvre finalement deux adjacentes, celles de deux nobles princesses décédées en 1836 et en 1840.

"Pour un approfondissement ultérieur, informe le directeur par intérim du Bureau de presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti, - des vérifications de documents sont en cours concernant les interventions structurelles qui ont eu lieu dans la zone du Cimetière teutonique, d'abord à la fin du XIXe siècle, et plus récemment, entre les années 1960 et 1970".

Emanuela Orlandi, 15 ans, avait été vue la dernière fois le 22 juin 1983 alors qu'elle sortait d'un cours de musique à Rome. En attendant, la disparition non résolue d'Emanuela Orlandi n'a jamais cessé de passionner les Italiens, sur fond de théories du complot impliquant la pègre et le Vatican.

Pietro Orlandi, le frère d'Emanuela qui ne cesse de réclamer la vérité et dénonce régulièrement le silence du Vatican, est présent, ainsi que des descendants des princesses enterrées.

L'été dernier, l'avocate des Orlandi avait reçu un message indiquant "Cherchez à l'endroit où pointe l'ange", accompagné d'une photographie d'une tombe.

Selon certaines thèses, l'adolescente a été enlevée par ce groupe criminel pour recouvrer un prêt auprès de l'ancien président américain de la banque du Vatican (IOR), Paul Marcinkus. Ceci afin d'éliminer d'éventuels doutes sur la tombe indiquée par la statue de l'ange, a expliqué jeudi le Vatican dans un communiqué. Un ange sculpté en marbre lisant sur une tablette l'inscription "Repose en paix" trône effectivement dans le Cimetière teutonique du Vatican. Elle est persuadée qu'il y a encore "des personnes en vie qui savent" et se taisent "par omerta ou par peur ou par commodité personnelle".

Le cimetière allemand, uniquement accessible de l'intérieur de la Cité du Vatican, a été érigé à l'emplacement du cirque de l'empereur romain Néron, théâtre du martyre de nombreux chrétiens.

L'affaire avait connu un énième rebondissement fin octobre après la découverte de restes humains lors de travaux dans un petit bâtiment situé dans le parc de l'ambassade du Saint-siège auprès de l'Italie.

La piste de la mafia est aussi étudiée: il se murmure qu'il y a peut-être quelque chose dans la tombe d'Enrico De Pedis, l'ancien chef de la bande de la Magliana, qui terrorisa Rome dans les années 1970-1980. La tombe du boss a été ouverte mais ne contenait que la dépouille de De Pedis. Une ex-maîtresse du malfrat avait affirmé qu'il avait enlevé la jeune fille et coulé son corps dans le béton. Deux semaines après sa disparition, un appel anonyme propose de relâcher la jeune fille en échange de la libération de Mehmet Ali Agca, l'auteur de l'attentat contre le Pape Jean-Paul II. Mais rien n'a jamais été prouvé.

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