Le verdict pour les serres chauffées serait proche — Agriculture bio

Xavier Trudeau
Juillet 11, 2019

Dans une tribune publiée ce 9 juillet 2019 dans Le Monde, une centaine de parlementaires tentent d'alerter le ministre de l'agriculture Didier Guillaume, ancien président de la Drôme, premier département bio de France, sur la question des serres chauffées en vue du vote annoncé jeudi.

Ils pointent également un marché déficitaire.

"La filière a pris une décision sur une position de compromis que je leur ai proposée", a déclaré le ministre Didier Guillaume, qui s'est déplacé lui-même dans les locaux de l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao) pour gérer ce dossier sensible. "Autoriser la vente de tomates bio dès le premier jour du printemps revient à autoriser de chauffer les serres bio pendant tout l'hiver à plus de 20 degrés, l'équivalent de 200 000 à 250 000 litres de fioul par hectare", a déclaré Jean-Paul Gabillard, producteur maraîcher et secrétaire national légumes à la Fnab. Il ne peut pas y avoir de contre-saisonnalité en bio. S'appuyant sur une étude de l'Ademe, elle soulignait qu'une tomate produite sous serre chauffée émettrait, avec 2,2 kilos de CO2 pour un kilo de tomates, sept fois plus de gaz à effet de serre qu'une tomate produite en France en saison et près de quatre fois plus qu'une tomate importée d'Espagne.

Mais, à partir de 2025, le chauffage se fera " uniquement avec des énergies renouvelables ", a-t-il fait valoir.

" L'objectif, c'est que ce soit une décision européenne ", a fait remarquer le ministre, alors que les partisans du chauffage des serres craignaient, notamment, des " distorsions de concurrence " avec certains voisins de la France, à l'image de l'Espagne.

Au-delà d'une explosion des volumes, la Fnab pointait la pollution générée par le chauffage des serres.

"Toutes les familles étaient d'accord sur le cadre du sujet; le seul truc sur lequel on butait, c'était les dates", a affirmé M. Nasles.

La chambre d'agriculture des Pays de la Loire, la FNSEA, légumes de France et Coop de France proposent une solution intermédiare: produire de la tomate de printemps en serre chauffée pour contrer la concurrence étrangère.

"Les consommateurs ne vont pas arrêter de consommer de la tomate bio en avril", a-t-il estimé.

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