Les internautes aident une festivalière à retrouver son violeur — Hellfest

Pierre Vaugeois
Juillet 5, 2019

L'affaire fait grand bruit depuis le week-end dernier sur les réseaux sociaux.

La jeune femme raconte d'abord comment elle a été agressée le samedi 22 juin au soir, alors qu'elle assistait seule au concert d'Architects. (.) mais je sens rapidement que quelque chose ne va pas. "J'ai le cœur qui s'accélère, des nausées accompagnées de sueurs froides importantes, en fait, je dégouline", raconte-t-elle, selon Le Monde.

Dans son témoignage initial, la jeune femme décrivait précisément les faits et le moment où ils se sont déroulés. Par exemple lever mon bras était impossible, comme si tout était anesthésié. "Je n'arrive pas à ouvrir les yeux comme si mes paupières pesaient des tonnes mais j'étais en même temps complètement lucide et j'entendais tout ce qui se passait autour". " Avec ce témoignage, la festivalière souhaite recueillir des informations dans l'espoir d'identifier et de retrouver son agresseur, avant d'aller porter plainte". La jeune fille ayant expliqué qu'elle souhaitait rester anonyme, elle n'a donc pas communiqué son vrai patronyme sur Facebook. La jeune femme déclare avoir été droguée.

Trois autres jeunes femmes ont révélé les agressions dont elles ont été victimes, sans avoir pour l'instant porté plainte. "Merci à tous. Grâce aux partages de beaucoup d'entre vous, ainsi que de celui de Sam Carter du groupe Architects, j'ai reçu de nombreuses photos, vidéos et récits, dont quatre m'indiquant le même profil physique et vestimentaire concernant le gars". "J'espère que tout ceci sera confirmé par les caméras présentes sur le site".

Fin de l'histoire donc?

Mardi soir, la direction du Hellfest est sortie de son son silence.

Ce communiqué a donné l'impression à de nombreux internautes que le témoignage de la victime était remis en cause. Et de préciser que le compte Facebook en question a été " bloqué, suspendu à sa demande, donc inaccessible ". Le festival de metal explique avoir tenté de joindre la jeune femme sur Facebook, sans succès, avoir épluché les caméras de surveillance sans rien trouver, et ne pas avoir retrouvé son nom dans la base de données, une recherche qu'il n'a pu effectuer que sur la base de son pseudo sur le réseau social. Le festival disposant d'un système de vidéosurveillance " très performant de jour comme de nuit ", ils ont également visionné l'ensemble des images dans leur possession " avec attention ". "Nous n'avons pas trouvé d'image susceptible de pouvoir correspondre à la description des faits", dit-elle.

Dans un communiqué officiel, la production du festival a réagi ce mardi. "Elle peut déposer plainte où elle veut, et elle a 20 ans pour le faire", rétorque au Point Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol (CFCV). "Les faits évoqués sont trop graves pour rester impunis", concluent-ils. Tout en glissant pourtant une pique aux médias qui ont relayé le témoignage: " De véritables professionnels du journalisme se doivent d'attendre que des faits tangibles soient réellement constatés. "Et plus largement, pour l'image de toute une communauté reconnue pour son attitude exemplaire et respectueuse ", conclut le Hellfest qui a lancé, avec trente autres festivals et lieux culturels des Pays de la Loire, la campagne Ici, c'est cool, visant à lutter contre les violences à caractère sexuel, sexiste, raciste et homophobe lors des concerts.

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