Les évolutions épidémiologiques moins favorables chez les femmes — Cancers

Evrard Martin
Июля 3, 2019

"Estimations nationales de l'incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018 "* vient d'être publié. Les informations de cette nouvelle édition contribuent à apprécier les actions préventives et curatives recommandées par les Plans cancer et constituent un point d'appui pour l'élaboration de la future stratégie décennale de lutte contre la maladie. Les outils qui ont été mis en place pour ce travail sont de plus en plus performants. Sur 74 localisations étudiés (au lieu de 34 précédemment), 27 sont des tumeurs solides, 22 des sous-types, 27 des entités d'hémopathies malignes, et une entité "tous cancers". La mortalité est disponible pour 19 tumeurs solides, les lymphomes malins non hodgkiniens dans leur ensemble et l'entité "tous cancers ". La cause de ces évolutions? Le rapport révèle un éclairage important par sous-types. " La modification de la structure (introduction des filtres responsable d'une inhalation plus profonde) et de la composition des cigarettes (augmentation de la concentration en nitrosamines) " sont soupçonnées.

Des baisses de mortalité sont observées pour les cancers du sein, colorectaux et de la prostate ainsi que pour le cancer de l'utérus. Le cancer du foie est également de plus en plus diagnostiqué, tout comme le cancer du pancréas. De même, la mortalité diminue globalement: -1,8 % par an chez les hommes, mais uniquement -0,8 % chez les femmes.

Le cancer a été à l'origine de 382 000 nouveaux cas en 2018 (54 % d'hommes et 46 % de femmes); et a causé 157 400 décès (57 % d'hommes, 43 % de femmes). Si l'incidence est stable chez l'homme, elle s'accroît donc chez la femme (+1,1 % par an).

C'est cependant le cancer du sein qui reste le plus fréquent et le plus mortel chez les femmes.

"Cette tendance est surtout le reflet de l'augmentation de l'incidence du cancer du poumon (9 % des cancers féminins: +5,3 % par an en moyenne entre 1990 et 2018), et à un moindre degré, de la poursuite de celle du cancer du sein chez la femme (33 % des cancers féminins: +1,1 % par an en moyenne entre 1990 et 2018)", dit le rapport rendu public mardi.

Principaux enseignements sur les tumeurs solidesDes cancers parmi les plus fréquents, aux facteurs de risques évitables progressent, sans baisse de la mortalité.

La progression des cancers aux facteurs de risques évitables plaide en faveur d'un renforcement de la prévention.

L'incidence du mélanome cutané, lié aux expositions aux rayonnements ultraviolets (UV) naturels et artificiels, voit son augmentation plus marquée chez l'homme (+4,0 % par an) que chez la femme (+2,7 % par an) depuis 1990, aboutissant pour la première fois en 2018, à une incidence identique chez l'homme et chez la femme, avec dans le même temps une stagnation de la mortalité.

Le taux de cas de cancer du foie diagnostiqués annuellement progresse également plus vite chez la femme (+3,5% contre +1,6 % par an chez l'homme). Leur incidence varie considérablement selon les sous-types. Les modifications démographiques ou les changements de classification, ne suffisent pas à expliquer cette augmentation, ce qui laisse une large place pour la recherche étiologique sur ces maladies et les interactions entre facteurs environnementaux et génétiques.

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