Paris confirme la présence d’armes françaises dans l’arsenal d’Haftar — Libye

Claudine Rigal
Juillet 13, 2019

Ce qui relance la polémique sur un possible soutien de la France à Khalifa Haftar qui a lancé une offensive début avril pour reprendre Tripoli des mains du gouvernement de l'Ouest conduit par Faiez el Saraj. C'est ce qu'a affirmé, ce mercredi, le ministère français des Armées.

Jeudi soir, Mohamad Tahar Siala avait demandé à son homologue français, Jean-Yves Le Drian, "d'expliquer de manière urgente le mécanisme par lequel les armes françaises découvertes à Gharyan sont parvenues aux forces de Haftar, quand ont-elles été livrées et comment?"

Surpris par une attaque-éclair des troupes du GNA sur Gharyan, les combattants pro-Haftar avaient abandonné fin juin dans leur fuite des armes et des munitions. Haftar bénéficie, lui, du soutien de l'Egypte et des Emirats arabes unis et d'un appui, au moins politique, des Etats-Unis et de la Russie.

Le problème avec les embargos américains, c'est qu'ils interdisent aux Etats-Unis de vendre leurs propres armes à certains pays, du coup, nous en France nous achetons les armes aux Américains et les refilons en douce à la demande de l'Oncle Sam aux pays qu'ils ont mis eux-mêmes sous embargo. " Dévoilée par le New York Times le 9 juillet, cette information a rapidement été reprise dans la presse internationale". Au cours des derniers jours, le Département d'État américain, alerté par les autorités libyennes, a enquêté sur les origines des missiles, en utilisant leurs numéros de série et d'autres informations, a rapporté le New York Times dans son édition électronique de mardi.

"Endommagées et hors d'usage, ces munitions étaient temporairement stockées dans un dépôt en vue de leur destruction. Elles n'ont pas été transférées à des forces locales". Mais le ministère des Armées n'explique pas pour autant comme ses armes ont atterri dans l'arsenal militaire du maréchal Haftar.

Ces armes, dit-on toutefois, "étaient destinées à l'autoprotection d'un détachement français déployé à des fins de renseignement en matière de contre-terrorisme".

En 2016, trois militaires français avaient péri lors d'une mission de renseignement dans l'Est.

"Ce qui s'est passé à Gharyan est semblable".

Pour Jalel Harchaoui (institut néerlandais Clingendael), "cette débâcle sur les Javelin ne va rien changer au raisonnement des Emiratis, Egyptiens, Français".

"Cela montre aussi, eu égard à la sophistication et au coût élevé de ces missiles, que les officiers français se tenaient probablement prêts à engager une action militaire dans des circonstances données, qu'ils ne prodiguaient pas seulement leurs conseils".

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