Sa mère réclame le "secours" de l’ONU — Affaire Vincent Lambert

Evrard Martin
Июля 2, 2019

Au sein d'une famille déchirée par des années d'une tragique bataille judiciaire, l'épouse et six frères et soeurs de Vincent Lambert, devenu tétraplégique après un accident de la route, demandaient l'arrêt de ses traitements.

"J'espère que ce sera l'épilogue", a déclaré mardi à l'AFP Marie-Geneviève Lambert, sœur de Vincent et favorable à l'arrêt des traitements. La famille se déchire sur le choix de le laisser en vie ou non.

La mère de Vincent Lambert avait pris la parole lundi devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, à Genève. Plusieurs arrêts ont déjà été rendus par la justice.

Le 11 mai, le médecin traitant de Vincent Lambert avait annoncé à la famille l'interruption de son alimentation, qui avait débuté le 20 mai.

La mère de Vincent Lambert demande l'aide de l'ONU pour assurer le maintien en vie de son fils, alors que la Cour de cassation vient d'ouvrir la voie à un nouvel arrêt de soins de cet homme en état végétatif depuis 11 ans. La France nous a dit trois jours plus tard "nous n'appliquerons pas ces mesures provisoires".

Vendredi dernier, la Cour de Cassation cassait la décision de la cour d'appel de Paris qui avait ordonné la reprise de l'alimentation et de l'hydratation de Vincent Lambert.

Ce comité de l'ONU n'a toutefois aucun pouvoir de contrainte sur les Etats membres.

C'est de ce différend qui a été exposée ce 1er juillet en présence de Mme Viviane Lambert, mère de Vincent Lambert, du Professeur Xavier Ducrocq, neurologue, et des avocats des parents, Mes Jean Paillot et Jérôme Triomphe. Les parents de l'ancien infirmier, soutenus par un frère et une soeur, s'y opposent. Rachel Lambert a dit vouloir voir son "mari en homme libre", demandant qu'il soit "respecté dans ses convictions", assurant qu'ils avaient tous deux les mêmes sur ce point.

Ses avocats ont annoncé dès vendredi qu'ils porteraient plainte pour "meurtre avec préméditation" contre le médecin qui ordonnerait un arrêt des traitements.

Mais c'est parce qu'ils affirment que des signes d'un faible état de conscience persistent que les parents de Vincent considèrent leur fils comme handicapé plutôt qu'en état végétatif. Ils avaient obtenu de la cour d'appel de Paris qu'elle enjoigne à l'Etat et à l'hôpital de Reims (Marne), où il est hospitalisé, de surseoir à l'arrêt des soins dans l'attente d'un avis du Comité international des droits des personnes handicapées de l'Onu.

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