Santé : Agnès Buzyn confirme le déremboursement total de l'homéopathie

Evrard Martin
Июля 9, 2019

C'est "pour se laisser le temps de la pédagogie et accompagner les patients" qu'Agnès Buzyn dit avoir "souhaité organiser une période de transition". La commission de la transparence est l'organisme de la HAS chargé d'évaluer les médicaments pour déterminer si leur remboursement est justifié. La décision doit être annoncée en fin de semaine, deux scénarios sont encore à l'étude.

Avant même l'annonce officielle, le groupe Boiron a dénoncé mardi soir une décision "incompréhensible et incohérente".

Disant assumer le caractère "impopulaire" de cette mesure, Agnès Buzyn souligne que la décision de dérembourser n'empêchera pas les médecins de continuer à prescrire de l'homéopathie ni les Français d'en acheter.

"Profitons du débat sur l'homéopathie pour mener une réflexion plus globale sur le médicament". La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s'était d'ailleurs engagée, à plusieurs reprises, à suivre l'avis de la HAS. L'efficacité de l'homéopathie n'ayant pas été prouvée, le déremboursement se fera progressivement, pour un non-remboursement total dans deux ans. Leur taux de remboursement, fixé à 65% en 1984, avait déjà été ramené à 35% en 2003 puis 30% en 2011. Jusqu'à présent, certains médicaments homéopathiques étaient remboursés à 30 % par la Sécurité sociale. Mais alors que le remboursement représente aujourd'hui un coût d'environ 127 millions d'euros par an pour les finances publiques, le déremboursement partiel ferait donc perdre plus de 60 millions d'euros par rapport au déremboursement total.

Arguant d'un risque pesant sur 1300 emplois en France (voire davantage en comptant les sous-traitants), les laboratoires homéopathiques ont recruté des alliés politiques parmi les élus locaux des zones où ils sont implantés.

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