Sur Twitter, Trump ne peut bloquer ses détracteurs

Claudine Rigal
Juillet 11, 2019

Il faut dire qu'avec ses 61,8 millions d'abonnés et ses presque 43 000 tweets, le président américain a su faire de son compte Twitter un espace d'expression public, dans lequel il partage régulièrement l'opinion et les décisions de son gouvernement. C'est ce qu'a assuré mardi une cour d'appel composée de trois juges. La justice américaine estime que les détracteurs du président doivent jouir de leur liberté d'expression protégée par le premier amendement de la Constitution américaine. Le ministère américain de la Justice avait fait appel.

Donald Trump a-t-il le droit de bloquer ses opposants sur Twitter? "Le premier amendement ne permet pas à un responsable gouvernemental qui utilise un compte sur les réseaux sociaux pour toutes sortes de raisons officielles d'exclure, dans le cadre d'un dialogue en ligne par ailleurs ouvert, des personnes exprimant des opinions avec lesquelles ce responsable ne serait pas d'accord", écrivent les magistrats dans un jugement de 29 pages.

À l'époque, l'organisation en faveur de la liberté d'expression, Knight First Amendment Institute, avait déposé une plainte en indiquant que le président des États-Unis avait bloqué sept personnes sur le réseau social. On trouvait parmi elles un comédien new-yorkais, un professeur en sociologie du Maryland, un policier texan et une chanteuse de Seattle que le blocage empêchait de voir les tweets postés quasi quotidiennement par le président, et d'y répondre directement.

"Les preuves de la nature officielle du compte sont accablantes".

Néanmoins, cette affaire peut encore continuer, puisque le président Donald Trump a la possibilité de faire appel à cette décision en saisissant la Cour suprême. Pour sa part, le Knight First Amendment Institute a déclaré que le jugement allait " aider à s'assurer de l'intégrité et de la vitalité des espaces numériques, qui sont de plus en plus importants dans notre démocratie ".

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