Un million de sans-papiers visés par une opération d'expulsion — USA

Claudine Rigal
Juillet 13, 2019

"Ils sont venus illégalement, nous les renvoyons légalement". En juin, Donald Trump annonçait que des "millions" de migrants sans-papiers allaient bientôt être déportés.

Ce week-end, l'agence de police douanière et de contrôle des frontières des Etats Unis (ICE) a prévu d'expulser des milliers de personnes à travers le pays. "Ils ont passé des tests, étudié, appris l'anglais, attendu sept, huit, neuf ans (.) Ce n'est pas juste qu'il suffise à quelqu'un de franchir la frontière pour obtenir la citoyenneté (américaine)". Quelques jours plus tard, le président des Etats-Unis a donné un délai de deux semaines au Congrès pour permettre aux démocrates de trouver une solution "aux problèmes des flux migratoires à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique".

Le New York Times avait rapporté jeudi que des raids policiers contre des clandestins devaient commencer dimanche dans une dizaine de villes du pays et qu'environ 2 000 familles étaient concernées dans un premier temps.

Les responsables démocrates ont dénoncé cette opération d'envergure qui, selon eux, menace des gens installés depuis longtemps aux Etats-Unis où ils ont fondé des familles qui comptent des citoyens américains.

"Cette action brutale va terroriser les enfants et déchirer les familles" qui sont pour beaucoup de "statut mixte" avec un parent sans papiers et des enfants nés Américains, a-t-elle affirmé à la presse. Les responsables du ministère de la Sécurité intérieure, cités par le New York Times, n'excluent pas la possibilité que des expulsions " collatérales " aient lieu en marge de cette opération, en d'autres termes, que les agents fédéraux expulsent des clandestins présents sur les lieux des perquisitions même s'ils ne sont pas concernés par des avis d'expulsion. Leurs dossiers de régularisation ont été déposés fin 2018 et ils ont reçu leur avis d'expulsion en février.

Plusieurs associations ont introduit jeudi un recours devant un tribunal de New York pour annuler les ordres d'expulsion et demandant à ce que les clandestins arrêtés soient entendus par un juge de l'immigration qui devra statuer sur leur sort. Le nombre d'arrestations, prévoit-il, devrait "continuer à descendre".

M. Trump recevra en outre lundi, pour parler immigration, Jimmy Morales, président du Guatemala. Avec le Salvador et le Honduras, le Guatemala fait partie des pays d'où viennent la plupart des migrants ces quelques dernières années.

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