Vers un nouvel arrêt des soins — Vincent Lambert

Evrard Martin
Июля 1, 2019

Larrêt de la Cour de cassation ne renvoyant pas laffaire à la cour dappel, conformément aux réquisitions du procureur général François Molins, lhôpital de Reims (Marne) est en droit dinterrompre de nouveau lalimentation et lhydratation artificielle dont bénéficie Vincent Lambert depuis un accident de la route en 2008. Et les dernières décisions allaient dans ce sens: la justice administrative avait validé la décision du CHU et la Cour européenne des droits de l'homme avait conforté l'analyse faite. La Cour de cassation a ouvert la voie à un nouvel arrêt des traitements ce vendredi 28 juin, annulant ainsi l'arrêt de la Cour d'appel de Paris qui avait ordonné en mai dernier le maintien des soins vitaux prodigués au Rémois. Les traitements peuvent s'arrêter " dès maintenant ", a annoncé l'avocat de l'épouse de Vincent Lambert après cette nouvelle décision. Triste spectacle, destiné à mettre une pression immense sur l'équipe médicale.

Le sort de Vincent Lambert, qui souffre de lésions cérébrales irréversibles, divise depuis des années sa famille. Accompagnée d'une sédation profonde, cette interruption entraînerait la mort de Vincent Lambert sous une semaine.

Les avocats des parents de ce dernier ont menacé de poursuites pénales pour "meurtre " les médecins et les autorités qui se rendraient responsables de l'arrêt des traitements: une procédure de dernier recours. "Le combat pour Vincent continue et nous ne laisserons pas Vincent assassiné", a lancé Jérôme Triomphe devant la presse.

Cela signifie concrètement que le CHU de Reims, où est hospitalisé cet ancien infirmier de 42 ans, peut très bien décider à tout moment un nouvel arrêt de l'hydratation et de l'alimentation de Vincent Lambert comme il l'a fait il y a un mois.

Déboutés par la justice de leur pays, les parents Lambert et leurs avocats veulent accentuer leur campagne déjà engagée auprès d'instances de l'ONU comme le Comité des droits des handicapés et le Conseil des droits de l'Homme. La Cour de cassation "déclare la juridiction judiciaire incompétente", et "ne renvoie pas l'affaire devant un juge". L'Etat, les ministères de la Santé et des Affaires étrangères et le CHU de Reims s'étaient pourvus en cassation.

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