Brésil: Bolsonaro insinue que des ONG sont responsables des incendies en Amazonie

Claudine Rigal
Août 21, 2019

Depuis 24 heures, les médias du monde entier se réveillent face à un désastre qui touche le coeur de notre planète depuis des mois.

Les incendies ne s'arrêtent plus depuis trois semaines au cœur de la forêt amazonienne qui part en fumée. Mais certains internautes mettaient en garde contre des images qui seraient anciennes. En effet, elle absorbe à elle toute seule 14% du CO2 de la planète. Un rôle essentiel au bon fonctionnement de la biodiversité. Il s'agit d'une augmentation de 39% par rapport à la même période en 2018.

D'après l'Institut national de recherche spatiale (INPE), les feux de forêt au Brésil ont augmenté de 83% depuis le début 2019 par rapport à 2018.

Les feux en Amazonie sont notamment provoqués par les défrichements par brûlis utilisés pour transformer des aires forestières en zones de culture et d'élevage ou pour nettoyer des zones déjà déforestées, généralement pendant la saison sèche qui s'achève dans deux mois.

Il y a deux semaines déjà, l'État d'Amazonas, dans le nord-ouest du pays, déclarait l'état d'urgence en raison de l'augmentation du nombre d'incendies dans la région, rapportait Euronews. Toutes les fumées engendrées par ces incendies ont, par ailleurs, totalement plongé dans le noir la ville de Sao Paulo ce lundi. Un hashtag devenu viral, qui s'est également concentré sur la politique dévastatrice de Jair Bolsonaro.

Un chercheur de la Nasa a observé que la couche de fumée causée par les incendies successifs avait une superficie d'environ 1,2 million de km². "La fumée ne provenait pas des incendies de l'État de Sao Paulo, mais de feux de forêts très denses et très étendus qui sont à l'oeuvre depuis plusieurs jours dans l'État de Rondonia et en Bolivie", a déclaré à O Globo Joselia Pegorim, une météorologue de Climatempo. "Juste une petite alerte au monde: le ciel vient de se noircir à Sao Paulo", a-t-elle commenté avant d'ajouter que d'après les météorologistes, cette fumée provient de feux de forêt en cours à des milliers de kilomètres.

En Amérique du Sud, le Brésil est le pays le plus touché par les feux de forêt en 2019, suivi par le Venezuela (26.453) et la Bolivie (16.101). Si l'on veut éviter le désastre que représente la déforestation du poumon de la Terre, une pression intense de la communauté internationale doit être insuflée sur Jair Bolsonaro. Soutenu par les lobbys miniers et de l'agricuclture, le président brésilien semble déterminé à démanteler ce qui constitue le plus bel écosystème de la planète.

Ce dernier encourage l'exploitation des ressources naturelles dans les aires protégées, et a suscité la polémique en remettant en cause les chiffres officiels de la progression de la déforestation en Amazonie. "Je suis convaincu que les données sont un mensonge", a-t-il déclaré au Guardian.

Les images spectaculaire de ces nuages noirs dans le ciel ont été partagées en nombre sur les réseaux sociaux, le plus souvent avec des messages visant le climato-scepticisme du président d'extrême droite, Jair Bolsonaro.

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