Brésil: un climat de tension entre Bolsonaro et Macron!!

Claudine Rigal
Août 29, 2019

Donald Trump a annoncé dans la foulée avoir proposé à son homologue brésilien Jair Bolsonaro l'aide des États-Unis pour lutter contre les incendies en Amazonie. "Ils l'écoutent. Il pensent qu'ils ont tous les droits et se mettent à brûler les forêts" (pour les cultures), ajoute le chef de 89 ans qui se bat inlassablement pour le respect des droits des communautés indigènes. Si l'avancée des feux dans la plus vaste forêt tropicale de la planète était très difficile à évaluer, l'Institut national de recherche spatiale (INPE) a fait état de près de 2.500 nouveaux départs de feu en l'espace de 48 heures dans l'ensemble du Brésil.

Les dernières données officielles indiquent que 78.383 incendies ont été enregistrés depuis janvier, soit un record depuis 2013.

La situation, préoccupante en Amazonie, sera au centre des discussions du G7, le sommet intergouvernemental qui se déroule du 24 au 26 août à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). Pour les terres agricoles, ou des prairies, la végétation et les mauvaises herbes sont également entassées, en attendant la saison sèche.

Selon des spécialistes de l'environnement, les incendies ont accompagné un taux de déforestation rapide dans la région amazonienne, qui a quadruplé en juillet par rapport au même mois en 2018, selon les données de l'INPE, que Bolsonaro avait précédemment qualifiées de mensonges et qui ont entraîné le limogeage de la tête de l'agence.

Jusqu'à présent, sept États, dont celui de Rondonia, ont fait appel à l'armée.

Six avions de lutte contre les incendies ont été envoyés sur place, dont deux C-130 Hercules de la Force aérienne brésilienne (FAB), capables de transporter 12 000 litres d'eau. "Toute aide concernant les incendies est la bienvenue", a déclaré samedi à des journalistes le ministre de la Défense Fernando Azevedo e Silva.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a estimé hier que les Européens auraient du mal à ratifier l'accord commercial conclu entre l'UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) si l'Amazonie continue de brûler.

Dans plusieurs pays, des rassemblements avaient lieu devant les ambassades du Brésil, à l'appel d'ONG.

Jair Bolsonaro a mobilisé vendredi l'armée et débloqué 40 millions de reals (9,7 millions de dollars) pour affronter ces feux, disant que certains d'entre eux "semblent être d'origine criminelle".

"Les incendies de forêt existent dans le monde entier et cela ne peut pas servir de prétexte à d'éventuelles sanctions internationales", a répliqué le chef de l'Etat brésilien dans une brève allocution télévisée, en réaction aux pressions internationales croissantes pour sauver l'Amazonie, dont 60% se trouvent en territoire brésilien. "Elles n'ont plus d'emplois, elles essaient de me renverser", a-t-il assuré jeudi, en référence à la suspension par ces deux pays de leurs subventions au Fonds Amazonie affecté à la préservation de l'immense forêt tropicale. Le président d'extrême droite a déclaré cette semaine avoir des "soupçons" sur une responsabilité des ONG dans les incendies en Amazonie, provoquant l'ire de 118 ONG qui l'ont accusé d'"irresponsabilité".

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