Fruits et légumes bio : la grande distribution gonfle ses marges

Xavier Trudeau
Août 22, 2019

Nouvelle édition de l'étude UFC-Que Choisir. Elle révèle que la grande distribution se fait de très belles marges sur le bio. Une étude visiblement à charge et avec une méthodologie assez floue... UFC-Que Choisir dénonce ainsi le niveau exorbitant des marges brutes sur le bio, qui sont en moyenne, 75 % plus élevées que sur les produits conventionnels, et déplore la "persistance de cette déplorable politique".

L'association a par ailleurs comparé les tarifs pratiqués dans 712 enseignes spécialisées dans le bio, ainsi que sur les sites de 3.350 grandes surfaces.

Si la grande distribution appliquait au bio la même marge que pour le conventionnel, les ménages économiseraient 18 % par an, soit 121 euros sur leurs achats de fruits et légumes. Si la grande distribution peut prendre des marges aussi importantes, la raison principale est simple. La grande distribution, quand elle vend un kilo de pommes traditionnelles, va prendre près de 90 centimes de marge. Là où elles sont les plus importantes, entre le conventionnel et le bio, c'est sur les trois produits les plus achetés par les Français: la pomme de terre, la tomate et la pomme. C'est donc plus du double et cela représente une surmarge d'1,30 euro au kilo.

Mais selon la dernière étude de l'association de consommateur UFC-Que Choisir, les supermarchés ne sont pas forcément le meilleur endroit pour se procurer des produits issus de l'agriculture biologiques. En l'espace de trois ans, les produits bio vendus ont augmenté de 36%. "Car si le taux de marge est désormais légèrement inférieur pour le bio, il ne faut pas s'y tromper: pour les consommateurs, ce qui compte n'est pas le taux de marge, mais bien le montant de marge dont ils doivent s'acquitter". Et le constat, publié jeudi 22 août, est sans appel: le bio est une poule aux œufs d'or pour la grande distribution. Ainsi, on y apprend que les marges sur l'oignon, l'ail ou la carotte sont les mêmes (en valeur) en bio et en conventionnel.

Elle conseille aux consommateurs de s'approvisionner dans les magasins spécialisés où les prix en fruits et légumes sont moins élevés. Au micro de France Info, Alain Bazot, le président de l'UFC-Que Choisir, dénonce les marges brutes faites par les grandes surfaces sur les produits bio.

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