Infos Reuters: L'économie allemande s'est contractée au deuxième trimestre, l'export souffre

Xavier Trudeau
Août 16, 2019

La première estimation pour la période avril-juin est conforme au consensus des estimations d'économistes recueillies par Reuters. L'économie du pays s'est légèrement contractée au deuxième trimestre, avec un recul de 0,1% du produit intérieur brut par rapport aux trois mois précédents.

"La conclusion, c'est que l'économie allemande est au bord de la récession", estime Andrew Kenningham, de Capital Economics, en expliquant que les difficultés des exportateurs risquent de s'aggraver si la menace d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord négocié le 31 octobre est mise à exécution. Au troisième trimestre de l'année dernière, déjà, elle avait dérapé dans les mêmes proportions et avait échappé de peu à la récession en fin d'année.

L'enjeu est important pour l'Allemagne: si le trimestre suivant est lui aussi négatif, alors l'économie du pays sera considérée comme étant "en récession". Elle a fait moins bien au cours du trimestre écoulé, que l'Italie surendettée (0 %) et que la France (0,2 %).

L'Allemagne n'est pas le seul pays du continent à voir son économie en berne: la croissance du PIB de la zone euro, établie à 0,4% au 1er trimestre, est passée, à 0,2% au deuxième.

Après avoir progressé de 2,2% en 2017 et 1,4% l'an dernier, le PIB allemand est attendu en hausse de 0,7 % seulement cette année et en progression de 1,7 % l'année suivante, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Ce contexte morose a relancé en Allemagne le débat budgétaire sur un arrêt de la rigueur et la nécessité d'un recours à l'endettement pour stimuler la conjoncture. D'autant que les caisses publiques sont pleines avec des excédents budgétaires depuis des années. "Le temps semble plus que jamais venu pour le gouvernement d'initier enfin un changement de cap", lui fait écho l'économiste Claus Michelsen, de l'institut de conjoncture berlinois DIW.

Plusieurs cadres du Parti social-démocrate, membre de la coalition gouvernementale avec les conservateurs d'Angela Merkel, viennent d'appeler, eux aussi, à un recours à l'endettement pour financer notamment un plan de lutte contre le réchauffement climatique. Mardi 13 août, la chancelière allemande Angela Merkel a toutefois clairement écarté l'idée d'un plan de relance via la dette: le budget fédéral devra rester équilibré.

Le pays a aussi ancré dans sa constitution la rigueur budgétaire. Elle est guidée par le mécanisme dit de frein à l'endettement (Schuldenbremse), qui limite fortement toute marge de manoeuvre dans ce domaine.

Pour l'un des experts économiques qui conseille le gouvernement allemand, Christoph Schmidt, cité par l'hebdomadaire Der Spiegel, l'objectif consistant à conserver un budget annuel à l'équilibre pourrait néanmoins être remis en cause "en cas de repli marqué de l'économie ".

Les États-Unis de Donald Trump se plaignent eux du manque de dépenses militaires de l'Allemagne et l'appellent à utiliser pour cela ses excédents.

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