La guerre commerciale inquiète les Européens

Xavier Trudeau
Août 8, 2019

A Francfort, Bayer gagne 5,96%, de loin la plus forte hausse du Dax, et Lanxess prend 4,94% après avoir annoncé la vente du groupe Currenta, un exploitant de sites chimiques, à l'australien Macquarie Infrastructure and Real Assets pour une valeur d'entreprise de 3,5 milliards d'euros.

Après avoir officiellement accusé Pékin de manipuler sa monnaie, l'administration Trump a semblé tenir mardi des propos plus conciliants envers la Chine.

La devise chinoise a franchi lundi le seuil symbolique des 7 yuans pour un dollar, son niveau le plus bas depuis 11 ans.

La dépréciation du yuan a entraîné, sans surprise, une vive réaction du président américain qui a dénoncé une "manipulation de la monnaie". "C'est une violation majeure qui affaiblira considérablement la Chine au fil du temps".

La banque centrale de Nouvelle-Zélande (RBNZ) a surpris les marchés en annonçant une baisse de 50 points de base, plus marquée qu'attendu, de son taux directeur et en expliquant qu'elle pourrait maintenir une politique très accommodante plus longtemps qu'anticipé face à la montée des risques économiques.

La nouvelle de la chute du yuan - vue comme une escalade dans la guerre commerciale entre les deux premières économies mondiales - a provoqué une baisse généralisée sur les places financières en Asie, en Europe et finalement aux États-Unis.

Cette baisse brutale est " le résultat évident d'une intervention active " de la banque centrale, pour favoriser les exportations chinoises et atténuer l'impact de la hausse des droits de douane américains sur les produits chinois, assure M. Bo. Selon le département du Trésor américain, la Chine a "une longue histoire de facilitation d'une monnaie sous-évaluée par le biais d'interventions prolongées et à grande échelle sur le marché des changes" et a pris " des mesures concrètes pour dévaluer sa monnaie", dans le but implicite de s'offrir un avantage concurrentiel déloyal sur ses concurrents. Mais si la Chine commence à laisser filer son yuan, ce n'est pas bon signe: c'est qu'elle n'a que peu d'espoir d'arriver à un accord rapide avec Washington dans ce conflit.

Les États-Unis reprochent à la Chine d'être largement responsable de leur déficit commercial. Ils réclament à Pékin des réformes structurelles pour interdire par exemple les subventions aux entreprises publiques, les transferts de technologie imposés aux entreprises étrangères et le "vol" de la propriété intellectuelle américaine. Ils exigent aussi l'achat de davantage de produits américains, notamment agricoles.

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